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Genève: la KEK au bord du gouffre? (091094)

Situation difficile pour la Conférence des Eglises européennes

Genève, 7octobre(APIC) Les difficultés financières aiguës et une crise

d’identité profonde mettent sérieusement en question l’existence même de la

Conférence des Eglises européennes (KEK). Tel est le point de vue exprimé

par Annette Birschel, du Service de presse évangélique allemand, à Genève,

dans l’hebdomadaire zurichois «Reformiertes Forum» (RF). Robin Gurney,

chargé d’information de la KEK, ne juge pas la situation aussi dramatique.

«Si la Conférence des Eglises européennes était une entreprise à but lucratif, elle devrait annoncer sa faillite», écrit Annette Birschel dans son

article intitulé «Devant le désastre». En mai dernier déjà, le président de

la KEK, John Arnold, a mis en garde contre l’effondrement financier. «Le

déficit de l’organisation faitière dépasse 300’000 francs sur un budget de

2 millions francs. Si les Eglises membres d’Allemagne et de Suisse n’apportent pas d’aide, l’organisation genevoise risque de tomber plus profondément encore dans les chiffres rouges,» affirme Annette Birschel.

La collaboratrice du Service de presse évangélique allemand poursuit: «A

la crise financière s’ajoute une crise d’identité.» La KEK, produit de la

guerre froide, n’a pas encore trouvé sa place dans la nouvelle situation

politique européenne. Faux silences, prises de position unilatérales et défense aveugle de l’Eglise orthodoxe serbe (membre de la KEK) ont contribué

à la perte de crédibilité de la KEK. «En Allemagne, la KEK a gagné la réputation d’une organisation aux mains de la propagande serbe, car elle a relayé sans commentaire les appels de l’Eglise orthodoxe serbe, dans lequels

les viols massifs commis par les Serbes étaient jugés comme une propagande

de guerre,» ajoute Annette Birschel.

L’auteur de l’article invite la KEK à rétablir l’harmonie. Toutes les

Eglises membres doivent d’urgence débattre de leur rôle dans la nouvelle

Europe. La KEK a assez de tâches: reconstruction des Eglises à l’Est, problèmes de l’asile, du racisme, du nationalisme, de la pauvreté ou de la

drogue. Un secrétariat de 17 personnes à Genève suffi à peine à cela. Et la

journaliste de conclure qu’un département régional pour l’Europe bien doté

du Conseil oecuménique des Eglises (COE) serait probablement mieux à même

d’assumer ce rôle.

Une vision passablement exagérée

Robin Gurney, porte-parole de la KEK qualifie de passablement exagérés

ces propos. Certes la KEK connaît des difficultés financières et doit se

repositionner dans un monde politique qui a changé, mais elle l’envisage en

d’autres termes. Une réponse à paraître dans le prochain numéro du «Reformietes Forum» est en prépartation. Actuellement la KEK n’a nullement l’intention de réduire ou de stopper ses activités oecumémiques, rassure Robin

Gurney. La KEK qui compte 118 Eglises orthodoxes, protestantes, anglicanes

et veilles catholiques de tous les pays d’Europe est la principale organisation partenaire du Conseil des conférences épiscopales européennes

(CCEE). (apic/eg/mp)

9 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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