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apic/Kenya/missionnaire démissionné/une mesure du cardinal Tomko

Kenya: Le Père Kizito «démissionné» de son poste (060295)

de directeur du magazine catholique «New People»

Message de soutien de l’UCIP à Genève

Nairobi/Genève, 6février(APIC) Le Père Renato Kizito Sesana a été démis

de ses fonctions à la tête du bi-mensuel catholique panafricain «New People», qu’il dirigeait depuis sa création en 1988. Membre de l’Union catholique internationale de la presse (UCIP), ce magazine anglophone tirant à

quelque 30’000 exemplaires est notamment distribué au Kenya, au Zimbabwe et

au Nigeria.

A l’UCIP, à Genève, on regrette une telle mesure; l’organisation a envoyé des messages de soutien au Père Kizito, a précisé lundi à l’agence

APIC le secrétaire général de l’organisation, Joseph Chittilappilly. Mais

une prise de position officielle devrait être discutée lors du prochain

Conseil de l’UCIP, qui se tiendra à Barcelone à la fin du mois de mars prochain.

Missionnaire combonien d’origine italienne, personnalité du monde des

médias connue au Kenya et en Afrique de langue anglaise, il s’était fait

remarquer pour ses prises de position critiques lors de la préparation et

durant le Synode africain. Cette démission est déjà contestée par le bureau

régional sud-africain du syndicat de la presse catholique.

A l’instigation du cardinal Tomko?

Selon l’agence de presse catholique belge CIP, se référant notamment au

journal «La Croix», la mesure aurait été prise à l’instigation du cardinal

Tomko, préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples. Le missionnaire-journaliste se voit reprocher plusieurs textes publiés dans le

magazine catholique lors de la préparation du Synode africain, notamment

une «Lettre ouverte au pape», où il regrettait que le Synode se tienne en

Italie et non dans une capitale africaine.

Dans sa lettre ouverte, la rédaction avertit le pape qu’il a été abusé

quant à la préparation du Synode, par exemple quand le secrétariat général

affirme que «on peut affirmer sans exagération que toute l’Eglise en Afrique a été impliquée dans le processus synodal». «Ceci n’est pas seulement

une exagération, c’est un mensonge», écrit-elle, en dénonçant l’atmosphère

de secret qui a entouré la préparation. «Saint- Père, ajoute la lettre, ne

permettez pas que vos collaborateurs vous informent mal. Les membres de

l’Eglise locale en Afrique qui savent ce qu’est le Synode africain ne sont

pas heureux de la décision de tenir le Synode à Rome et la participation du

peuple de Dieu à la préparation a été minime. Parler de ce qui s’est passé

jusqu’ici comme d’un «événement africain original», c’est ajouter l’insulte

à la blessure.»

Le journaliste mettait en cause l’élaboration du document préparatoire

(Instrumentum laboris) du Synode, «texte décourageant, décevant, aride,

privé de vie», écrivait-il, dont les auteurs, «bureaucrates» et «maniaques

du secret», ne rapportaient pas la réalité de l’Eglise africaine. La goutte

d’eau qui fit déborder le vase est sans aucun doute la publication en mai

1994 du texte théologique «Cast away fear», traduit «N’ayez pas peur»,

véritable texte synodal parallèle, selon le journal «La Croix».

Le cardinal Tomko a surpris plus d’un en démettant le père Kizito alors

qu’un vaste projet de développement du Centre de communication New People

avait été approuvé par les responsables provinciaux régionaux, qui avaient

désigné le père Kizito comme son principal animateur. Le P. Kizito devra

quitter son poste durant ce mois de février. Le bureau régional

sud-africain du syndicat de la presse catholique, indigné par cette

décision, a tenu à rappeler le rôle de l’Eglise dans sa mission de

promotion de la justice et de la liberté d’expression, non seulement dans

la société civile, mais aussi en son sein. (apic/cip/be)

6 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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