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apic/Khartoum/Religion/Rencontre

Khartoum: 200 représentants de religions mondiales (211094)

se prononcent pour la création d’un Conseil mondial des religions

Les musulmans partie prenante pour améliorer le dialogue chrétien/islam

Khartoum/Genève, 21octobre(APIC) Plus de 200 représentants de religions

mondiales, réunis du 8 au 10 octobre à Khartoum, au Soudan, ont réclamé la

création d’un Conseil mondial des religions. Une proposition appuyée par

les délégués musulmans, qui se sont eux aussi prononcés en faveur d’un dialogue interreligieux. Des délégués d’une trentaine d’Etats y participaient,

dont le Vatican, représenté par le cardinal Francis Arinze. Une Association

soudanaise pour le dialogue interreligieux a d’ores et déjà été constituée.

Le Conseil des religions, proposé dans un communiqué publié après cette

rencontre interreligieuse, permettrait aux grandes religions, en particulier le christianisme et l’islam, de s’associer pour offrir une alternative

à la vision d’un monde matérialiste et sécularisé, qui prédomine aujourd’hui, en particulier dans la société occidentale.

La proposition, fortement appuyée par les participants musulmans, reflète le désir de nombreux musulmans du monde entier de promouvoir la coopération entre des organisations chrétiennes et musulmanes après la Conférence

des Nations Unies sur la population et le développement, tenue au Caire en

septembre.

Parmi les participants à la conférence de Khartoum sur le dialogue interreligieux international, figuraient des responsables religieux de 30

pays, entre autres des représentants islamiques influents du monde politique et religieux de l’Egypte, de la Libye, du Pakistan, du Yémen, de la Palestine et de la Jordanie. Hassan Al Turabi, qui dirige le Front islamique

national du Soudan, était l’un des principaux orateurs. Parmi les nombreuses organisations chrétiennes présentes, le Vatican était représenté par le

cardinal Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Le Conseil des Eglises du Moyen-Orient et l’Eglise anglicane

avaient également délégué des représentants de haut niveau.

Appel à l’union

Interrogé à Genève à son retour de Khartoum, Tarek Mitri, qui représentait le Conseil oecuménique des Eglises (COE), a déclaré qu’un nombre

croissant de musulmans mettent le dialogue interreligieux à leur ordre du

jour. «A Khartoum il y avait des participants qui, dans le passé, n’étaient

pas très favorables au dialogue interreligieux. Or, nous avons aujourd’hui

une promesse qui peut porter des fruits».

Dans son discours prononcé lors de la rencontre, Hassan Al Turabi a appelé les chrétiens et les musulmans à unir leurs efforts pour offrir un autre modèle de société et proposer un nouvel ordre politique mondial.

Le communiqué publié après la réunion insiste également sur la liberté

religieuse et le pluralisme religieux.

Tarek Mitri s’est pour sa part abstenu d’évaluer les chances d’une

structure interreligieuse entièrement nouvelle, mais il s’est félicité de

la volonté des musulmans de s’engager sur la voie du dialogue.

La réunion de Khartoum, a souligné Tarek Mitri, a fait progresser les

relations entre musulmans et chrétiens dans un Soudan déchiré par des conflits, avec l’annonce de la mise sur pied de l’Association soudanaise pour

le dialogue interreligieux.

Un certain nombre de chrétiens soudanais se sont déclarés préoccupés par

les pressions et la discrimination qui s’exercent dans un pays plongé dans

la guerre civile depuis 1983.

En plusieurs occasions, des chrétiens, et parmi eux des membres du clergé, ont été condamnés à des peines sévères conformément à la Sharía (droit

islamique).

Un instrument de paix

Faisant le bilan de la réunion, Tarek Mitri a relevé qu’il fallait

«noter qu’un certain nombre de participants ont parlé avec franchise et de

façon critique des relations interreligieuses au Soudan et, malgré les

divergences d’opinion qui existent entre certains chrétiens et musulmans,

les deux parties ont réaffirmé leur volonté de dialogue dans ce domaine».

«Nous plaçons de grands espoirs en cette association», a-t-il poursuivi,

exprimant les vues de nombreux participants. «Ce sera un instrument de paix

qui permettra de débattre des problèmes et de les résoudre, comme au Soudan, où un tel forum n’existait pas auparavant. L’association exercera ses

activités dans le cadre national, mais aussi au plan local et des comités

sont mis en place dans les villes et les villages». Cette nouvelle association a l’occasion unique de promouvoir la paix et l’harmonie religieuse, at-il conclu. (apic/eni/pr)

21 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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