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apic/Kung/visite dui pape en Allemagne(Interview
Hans Küng et la visite du pape en Allemagne (050696)
«Pas bonne presse…»
Rome, 5juin(APIC) «Chacun le sait, le pape n’a pas bonne presse en Allemagne», a déclaré le théologien allemand Hans Küng au quotidien «La Repubblica», après la récente prise de position du chancelier allemand Helmut
Kohl sur la contraception et la prochaine visite de Jean-Paul II à Paderborn et à Berlin (21-23 juin).
«En 1980, année du premier pèlerinage de Jean-Paul II en Allemagne, 79 %
des fidèles avaient une bonne ou excellente opinion du pontife, précise
Hans Küng. En 1990, ce pourcentage est descendu à 43 %. Aujourd’hui, seulement 16 % des croyants se considèrent liés par les choix de ce pape.» Le
théologien rappelle en outre qu’»un tiers des paroisses en Allemagne n’ont
pas de prêtres en raison de la crise des vocations».
S’il s’attend à quelques manifestations d’opposition lors de la visite
du pape, H. Küng considère que «le plus important est l’humeur générale des
catholiques», qui sont «de moins en moins disposés à adhérer à cette Eglise
intransigeante». Un contexte qui l’amène à penser que les discours du pape
«chercheront à améliorer son image», avec un fort engagement oecuménique.
«De belles paroles, mais pas de faits», précise-t-il.
Quant à la prise de position du chancelier Helmut Kohl sur la contraception, dont il considère, à titre personnel, qu’elle relève de la conscience, elle réjouit Hans Küng. C’est un «geste courageux», dit-il, car il nous
donne raison, «à nous, les théologiens critiques, qui demandons depuis plus
de dix ans la réforme de l’Eglise». Pour le théologien, les voyages à travers le monde, la censure exercée «contre les théologiens critiques», les
«pratiques inquisitoriales» et «l’intransigeance doctrinale» tombent à plat
dès le moment où «un bon catholique comme le chancelier demande de nouvelles positions».
«La Repubblica», où s’exprime Hans Küng, est par ailleurs le seul quotidien italien à dénoncer «le silence du pape» après l’interview d’Helmut
Kohl. Le journal en voit la preuve dans le fait que «L’Osservatore Romano»
et l’»Avvenire», le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, ont
tous deux «censuré» l’intervention du chancelier allemand. (apic/imed/pr)




