apic/Kurt Koch/Conférence de presse/Pas de «citation» à Rome/»Viri probati»

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Soleure:Le nouvel évêque de Bâle se présente à la presse(061295)

Première priorité: annoncer l’Evangile

Soleure, 6décembre(APIC) C’est dans la salle des chanoines de l’évêché, à

la Maison Steinbrugg à Soleure, là même où le 21 août dernier les chanoines

ont procédé à son élection, que Mgr Kurt Koch, le nouvel évêque de Bâle,

s’est présenté mercredi à la presse. Son ministère, Kurt Koch le voit tout

d’abord comme «service de l’Evangile», car la prédication de la Bonne Nouvelle est la première charge de l’évêque, «messager de la foi».

Une foi que le jeune professeur devra apporter dans le contexte difficile d’une société déjà fortement sécularisée et d’une Eglise en crise. Une

crise qui touche aussi l’Eglise locale de Bâle, qui présente les courants

les plus variés «qui ne favorisent pas toujours une communication vitale et

qui mettent en danger la communion de l’Eglise». Un diocèse qui a vécu

comme un traumatisme la nouvelle, à la veille de la Pentecôte, de la

démission-surprise de son évêque, Jean-Georges Vogel, «qui a frappé comme

un coup de tonnerre dans le ciel bleu», pour reprendre les mots du prévôt

Anton Cadotsch.

La crise de l’Eglise a pour fondement «la crise de Dieu»

Pour Kurt Koch, la crise actuelle que doit affronter l’Eglise a pour

fondement «la crise de Dieu», «c’est-à-dire la menace de disparition de la

conscience de Dieu dans la vie de la société contemporaine». Mais le nouvel

évêque de Bâle, soulignant cette priorité de la théologie, ne veut pas y

voir une contradiction ou une opposition à la pastorale: «mon coeur a toujours battu pour la pastorale». Sa devise d’évêque, tiré de l’hymne de

saint Paul aux Colossiens, est déjà tout un programme:»Le Christ a en tout

la primauté».

Ses autres priorités sont notamment le «service des hommes et des femmes

engagées dans la pastorale»: il a le projet de consacrer les deux prochaines années à rencontrer les responsables dans les 36 doyennés que compte le

diocèse. Dans le «service de l’unité de l’Eglise», il compte faire circuler

de l’air frais en provenance du monde entier, pour contrer la tentation du

repli sur soi, sur le «Sonderfall» suisse, le «cas à part», l’île au milieu

de la mer. Quant au «service de la société», il considère que l’Eglise

n’est crédible que si elle parle moins d’elle-même, mais davantage et avec

d’autant plus d’intensité de Dieu et de sa volonté de sauver les hommes et

les femmes de ce monde. Une vision de l’Eglise engagée dans le monde de

plus en plus menacée par la tendance à privatiser les Eglises, à les

exclure de la vie publique et à les remiser à la sacristie, a-t-il remarqué

en faisant allusion à la récente votation sur la séparation Eglise-Etat à

Zurich.

Le professeur Koch, qui n’avait jamais imaginé ni voulu devenir évêque,

mais qui a accepté ce ministère pour prendre au sérieux sa responsabilité

de théologien, sera ordonné évêque en la cathédrale St-Ours de Soleure dans

la deuxième moitié de février.

Kurt Koch n’a pas été «cité» à Rome

Si Kurt Koch s’est bien rendu à Rome pour rencontrer le cardinal Bernardin Gantin, préfet de la Congrégation pour les évêques, il n’a pas été «cité», mais il y est allé suite à une demande faite par l’administrateur diocésain de Bâle, Mgr Joseph Candolfi, lors de la béatification des trois

Suissesses le 29 octobre dernier. A cette occasion, Mgr Candolfi, Mgr Henri

Salina, président de la Conférence des évêques suisses, et le cardinal

Schwery ont eu un long entretien avec le cardinal Gantin. Ils y ont appris

qu’il n’y avait pas de «difficultés particulières» concernant l’évêque élu.

Le cardinal Gantin avait seulement regretté ne pas connaître personnellement l’élu, a expliqué mercredi le prévôt Anton Cadotsch, vicaire général

du diocèse de Bâle.

La proposition de Mgr Candolfi de rencontrer Kurt Koch a fait hésiter le

cardinal Gantin, qui voulait éviter que cela soit interprété comme une «citation». La rencontre s’est passée dans une très bonne atmosphère et le

cardinal n’a pas mis de conditions particulières, a encore précisé Mgr Cadotsch.

«Viri probati» et diaconat féminin

«C’était vraiment une rencontre et un dialogue ouvert et franc. Je n’ai

pas dû accepter des conditions ou signer des concessions», a précisé Mgr

Koch. Le théologien a expliqué certaines de ses positions, notamment pourquoi il évoquait la possibilité, étant donné la situation pastorale en

Suisse, de prendre sérieusement en considération l’ordination de «viri probati». Dans ce domaine, comme dans celui du diaconat féminin, la question

n’a pas été définitivement tranchée.

Par contre, a-t-il précisé, en ce qui concerne l’ordination des femmes,

on dispose d’une décision claire du pape déclarant que l’Eglise n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale aux femmes.

«Je dois respecter une telle déclaration, mais par là, la question n’est

pas encore réglée». Pour Kurt Koch, on ne peut pas se concentrer uniquement

sur la question «Ordination des femmes: oui ou non?», mais voir de façon

plus large la situation de la femme dans l’Eglise. Ainsi, le diaconat féminin est la question à aborder dans un avenir proche.

Concernant Mgr Vogel, son successeur a révélé que sa démission l’a touché et qu’il restait naturellement en contact avec lui, dans le souci de

son avenir d’homme et d’évêque. (apic/be)

6 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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