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Un prêtre anglican lance une action contre l’Eglise d’Angleterre(140795)
La déclaration sur l’intercommunion avec les luthériens
porte préjudice à la succession apostolique
Genève, 14juillet(APIC) Un prêtre anglican de Londres envisage d’intenter
une action en justice contre l’Eglise d’Angleterre en vue d’obtenir l’annulation d’un accord portant sur l’intercommunion entre les Eglises anglicanes des Iles britanniques et les Eglises luthériennes des pays nordiques et
des Etats baltes.
Paul Williamson a décidé de lancer cette initiative alors que le Synode
général de l’Eglise d’Angleterre, réuni à York, a ratifié, le 9 juillet, la
Déclaration de Porvoo (du nom de la ville finlandaise où elle a été rédigée), qui envisage l’intercommunion. Selon George Carey, archevêque de Cantorbéry, cette déclaration, approuvée par le Synode général à une majorité
écrasante, signifie un «nouvel avenir oecuménique» pour l’Europe du Nord.
Une disposition figurant dans la Déclaration – l’interchangeabilité du ministère ordonné – provoque cependant de nombreuses réactions.
L’épiscopat historique
Dans le passé, les anglicans faisaient de «l’épiscopat historique» une
condition préliminaire à l’intercommunion avec d’autres Eglises. La doctrine de l’épiscopat historique veut que l’autorité au sein de l’Eglise soit
transmise par des évêques, eux-mêmes ordonnés par imposition des mains
d’autres évêques en suivant la succession épiscopale qui remonte aux apôtres.
Trois des Eglises luthériennes signataires de la Déclaration de Porvoo
ont rompu l’épiscopat historique au temps de la Réforme et ne l’ont jamais
rétabli. Pour Paul Williamson, la déclaration de Porvoo signifierait que
des «non-évêques» pourraient ordonner des prêtres au sein de l’Eglise d’Angleterre, et que des «non-prêtres» pourraient célébrer la communion dans
les Eglises anglicanes.
Pas d’unanimité
Même si la déclaration de Porvoo a déjà été ratifiée par les Eglises luthériennes d’Estonie, de Norvège et de Suède, ainsi que par les Eglises anglicanes d’Ecosse et d’Irlande, elle suscite encore des réactions en Finlande et au Danemark. En mai, l’Eglise luthérienne de Finlande a reporté la
décision concernant cette déclaration, pour permettre le débat parmi les
fidèles de «la base», après que certains membres du Synode eurent déclaré
que l’accord de Porvoo signifierait un rapprochement avec l’Eglise catholique romaine.
L’Eglise catholique, comme l’Eglise anglicane, croit en l’importance de
l’épiscopat historique appelé aussi succession apostolique, mais rejette la
validité des ordres anglicans et considère que l’Eglise d’Angleterre n’a
pas maintenu la succession ininterrompue de l’ordination épiscopale.
L’Eglise luthérienne du Danemark a, elle aussi, reporté sa décision et,
selon certains observateurs, il semble de plus en plus probable que l’Eglise ne ratifiera pas la déclaration de Porvoo
Le mois dernier, le conseil de la Fédération luthérienne mondiale (FLM)
avait exprimé «sa satisfaction et son soutien» aux initiatives telles que
la déclaration de Porvoo, tout en soulignant qu’elles ne devraient pas entraîner de «tensions destructrices au sein de la communauté luthérienne
d’Europe». Le fait que les Eglises luthériennes nordiques et baltes cherchent à se rapprocher des anglicans alors que les Eglises luthériennes continentales veulent renforcer leurs relations oecuméniques avec les Eglises
réformées et méthodistes semble être à l’origine de cette mise en garde.
(apic/eni/fs)




