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Lausanne: Les raisons d’espérer du cardinal Godfried Danneels (090395)
«La religion sert à être heureux»
Lausanne, 9mars(APIC) «A quoi sert la religion?» Elle sert à être heureux
ou ne sert à rien du tout. C’est par cette réponse, faite un jour par une
femme à un journaliste, que le cardinal Godfried Danneels a ouvert la conférence qu’il a donnée mardi soir à Lausanne devant près de 400 personnes.
Avec simplicité et fermeté, l’archevêque de Malines-Bruxelles a exposé «ses
remèdes face à la mélancolie douce de notre époque».
«En quoi la foi chrétienne me rend-elle heureux?» Cette question a été
le fil rouge de la soirée. Au XVIIIe siècle, on ignorait les névroses de
notre époque, relève le cardinal. Tout avait sa place. Il y avait Dieu, la
société, la civilisation, la culture, les fêtes religieuses, les saisons.
D’où une sensation de sécurité avec ses points d’attaches. Depuis le début
du XIXe siècle, les repères ont changé. Ce qui expliquerait pour Mgr Danneels l’augmentation constante des névroses, des dépressions. Pour illustrer ce sentiment, il a invité à imaginer un bateau en pleine mer. «Vous
fixez à travers les fenêtres du restaurant la ligne d’eau qui bouge tout le
temps. En cinq minutes, vous avez le mal de mer. Garanti!» Pourquoi?, interroge le cardinal. «Parce que vous ne voyez pas l’horizon qui est le seul
point stable. Quand on perd ses points de référence, on bascule dans un
état permanent de turbulences.»
Avec Freud, on a appris que les névroses viendraient d’un refoulement de
la sexualité et de l’agressivité. Pour Mgr Danneels, cette théorie psychanalytique n’est pas suffisante pour expliquer le désordre intérieur et psychologique de beaucoup de contemporains, même si aucun refoulement n’est
bénéfique.
Alors d’où vient la névrose actuelle, cette «mélancolie souriante» que
l’on voit dans nos rues? Elle pourrait venir, selon le conférencier, d’un
refoulement de Dieu, comme d’une absence de sens, de direction de vie qui
n’a pas de fil rouge.» La mélancolie silencieuse et polie de nos sociétés
et de notre culture peut se résumer ainsi: «On a tout vu, mais on n’est pas
heureux.»
Après ce constat, l’archevêque a décrit les remèdes qui le rendent heureux dans la foi chrétienne. Il s’agit essentiellement de retrouver le sens
de la paternité de Dieu que nous montre Jésus. «Nous avons la possibilité
d’être devant un Père qui nous transcende et pardonne. Lorsque le Père
n’est plus là, il n’y a plus d’instance de pardon.» (apic/id/frl/mp)




