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apic/Le Caire/Vatican

Conférence du Caire: Mgr Martino précise la position du Vatican

Le Saint-Siège souhaite rejoindre le consensus (140994)

Rome, 14septembre(APIC) «Le Saint-Siège, d’une certaine manière, souhaite

rejoindre le consensus, même d’une façon incomplète ou partielle». C’est en

ces termes que Mgr Renato Martino a commenté l’adhésion du Vatican au document final du Caire. L’Eglise a donné son aval en signe de solidarité avec

les inspirations de base qui ont guidé les travaux de la Conférence. Contrairement aux deux conférences précédentes de Bucarest en 1974 et de Mexico en 1984, le Saint-Siège a cette fois admis le consensus.

Mgr Martino, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, qui conduisait la délégation au Caire, a salué le climat de respect et d’apaisement

qui a présidé aux travaux, tout en se félicitant, des progrès réalisés, même si certaines de ses attentes n’ont pas été rencontrées.

Le Saint-Siège a apprécié la façon dont les délégations ont écouté et

pris en considération des points de vue qu’elles ne partageaient pas forcément. C’est tout à l’honneur de la Conférence, a déclaré Mgr Martino, car

«si ces points de vue n’avaient pas été entendus, la rencontre y aurait

perdu».

Mgr Martino a ensuite dressé la liste des points sur lesquels l’Eglise

peut être d’accord. Pour la première fois, la question du développement a

été liée à celle de la population. Le document est «remarquable pour ses

affirmations contre toutes formes de coercition dans les politiques démographiques». La protection de la famille fondée sur le mariage, unité fondamentale de la société, est reconnue. Des progrès ont été effectués concernant le statut de la femme, par l’éducation et de meilleurs services de

santé. Les questions relatives aux migrations, «souvent oubliées dans ce

domaine de la réflexion sur la démographie» ont été abordées. Enfin,

l’Eglise ne peut que se réjouir devant l’appel à un plus grand respect des

croyances religieuses et culturelles des individus et des communautés.

Mais, à côté de ces aspects positifs, il y a des points sur lesquels le

Vatican ne peut apporter son soutien. Avec «beaucoup d’autres pays», il

soutient que «la vie humaine commence dès le moment de sa conception et

doit être défendue et protégée». C’est pourquoi il ne peut être d’accord

sur l’avortement ou sur des politiques qui favorisent l’avortement.

Sur ce point, Mgr Martino relève que, contrairement aux deux conférences

précédentes, celle du Caire «reconnaît l’avortement comme une dimension de

la politique démographique», même si elle souligne que l’avortement ne doit

pas être promu comme moyen de planning familial et presse les nations à

trouver des alternatives à l’avortement. Le préambule précise également que

«le document ne contient pas l’affirmation d’un nouveau droit à l’avortement internationalement reconnu».

Mgr Martino a expliqué que «le Saint-Siège, d’une certaine manière, souhaite rejoindre le consensus même d’une façon incomplète ou partielle».

L’Eglise a en effet donné son aval sur le préambule du document «en signe

de solidarité de l’Eglise avec les inspirations de base qui ont guidé les

travaux de la Conférence». Même attitude en ce qui concerne la famille

(chapitre V), «Population et croissance économique soutenue et développement raisonnable» (ch. III), où l’on regrette toutefois le manque de détails, «Egalité, équité et renforcement de la femme» (ch. IV), ainsi que

les migrations (ch. IX et X). En revanche, le Saint-Siège n’a pu rejoindre

le consensus sur la mise en place du plan de maîtrise de la population (ch.

XII et XVI) et l’avortement (ch. VIII et IX), certains passages pouvant

être compris comme l’acceptation d’une activité sexuelle en dehors du mariage, spécialement chez les adolescents, et laissant également supposer

que les services d’avortement sont à considérer comme «des soins de santé

que l’on peut choisir comme les autres».

Ces réserves émises, le Saint-Siège tient à préciser qu’il soutient «le

concept de santé reproductive et un concept holistique pour la promotion de

la santé des hommes et des femmes». Mgr Martino relève également «l’intention de la délégation du Saint-Siège de s’associer au consensus d’une manière partielle compatible avec ses propres positions, sans empêcher le

consensus entre les autres nations, mais sans pour autant porter préjudice

à ses propres positions».

Une dernière mise au point conclut le texte: «Rien dans le processus de

consensus choisi par le Saint-Siège ne doit laissé penser ou être interprété comme une adhésion à des concepts qu’il ne peut soutenir pour des raisons d’ordre moral à propos de l’avortement ou de la contraception, de la

stérilisation, de l’usage du préservatif dans les programmes de prévention

du sida». (apic/jmg/mp)

14 septembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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