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Genève: «Le Courrier» lance la pétition «Nous sommes l’Eglise» (120196)
En commun avec le groupe Jonas et les communautés de base
Réactions de l’évêque du diocèse et du rédacteur en chef
Genève, 12janvier(APIC) «Le Courrier», quotidien genevois, lance en Suisse romande la pétition «Nous sommes l’Eglise», appelant le peuple chrétien
à s’engager en faveur de la réforme de l’Eglise catholique. Mgr Amédée
Grab, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, «surpris» commente cette décision et Patrice Mugny, rédacteur en chef du «Courrier», explique la démarche «de dialogue» du journal catholique.
Selon «Le Courrier», plus de 5 millions de chrétiens ont déjà signé la
pétition «Nous sommes l’Eglise». Initiative partie d’Autriche, elle a ensuite été répercutée en Allemagne, en France, en Belgique et en Italie. Le
groupe Jonas-Genève, les communautés de base genevoises et «Le Courrier»
ont décidé de prendre le relais et de la diffuser en Suisse romande.
Mgr Amédée Grab, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, interrogé par
l’Agence APIC, estime que «cette pétition est publique et qu’il y a eu des
signatures nombreuses en Suisse allemande. Elles ont été transmises à la
Conférence des évêques. Ces derniers ont fait part de leur réaction. Mgr
Henri Salina en a reparlé lors de la conférence de presse. La position des
évêques est donc connue.
Par rapport à l’initiative du «Courrier», Mgr Grab s’exprime ainsi:
«Quand le journal genevois fait savoir de quelque façon cette pétition a
circulé dans différents pays d’Europe et comment les Conférences épiscopales de ces pays ont réagi, cela fait partie de l’information. C’est donc
tout à fait le devoir du journal».
«J’ai été surpris»
«Ceci dit, ajoute Mgr Grab, on peut diverger sur l’opportunité de se
servir du journal qui est celui des catholiques de Genève pour la pétition
elle-même, pour récolter les signatures. Pour moi, ce n’est pas la vocation
d’un journal, qui a dans son objectif de rassembler le plus possible tous
les catholiques de Genève. De cela, j’ai été surpris».
Patrice Mugny, rédacteur en chef du «Courrier», explique pour sa part
pourquoi son journal lance aussi cette pétition. Il estime qu’a aucun moment, personne ne veut menacer l’Eglise catholique de quoi que ce soit.
Nous avons bien un journal subventionné par l’Eglise catholique. Nous l’assumons et nous nous sentons catholiques. Tout ce qu’on demande – ce que demande d’ailleurs l’appel qu’on répercute – c’est un dialogue s’établisse
sur des thèmes qui nous semblent extrêmement importants.
«Nous aimons notre Eglise»
En plus, poursuit le rédacteur en chef, «nous nous sommes associés avec
le groupe Jonas qui est formé de laïcs et de prêtres engagés et payés par
l’Eglise, donc des gens pleinement dans l’Eglise. Les communautés de base
sont aussi très impliquées et se sont engagées à l’unanimité. C’est vraiment une recherche de dialogue. Nous aimons notre Eglise que nous constituons avec tous les catholiques. Nous avons certes un problème avec la hiérarchie de cette Eglise qui, à notre avis, sur certains thèmes, considère
que le débat est clos. Pour nous, ce n’est pas le cas. Il faut discuter de
cela et nous ne voulons pas que l’Eglise se replie. Ce qui est dit clairement dans l’appel. ’Le Courrier’ est un journal d’opinion de toute façons.
D’opinion chrétienne. Nous cherchons vraiment le dialogue et non pas le
conflit».
Certes, continue Patrice Mugny, les communautés de base auraient peutêtre pu démarrer plus tôt. C’est parti maintenant parce que c’était mûr. Il
faut dire aussi que trois récents événements ecclésiaux ont bousculé les
choses: l’histoire Gaillot, l’affaire des divorcés remariés par rapport à
la communion et la question du sacerdoce des femmes. Une sorte de cumul en
peu de temps. «Mais j’insiste encore, nous ne cherchons pas le conflit.
Nous voulons le dialogue. Nous ne voulons pas la guerre. Au contraire, nous
souhaitons la discussion, mais aussi qu’on nous écoute». (apic/ba)




