Le texte contient 53 lignes (max. 75 signes), 581 mots et 3836 signes.
apic/Lefebvristes / Rome / Frein au développement
Ecône: La Fraternité Saint Pie X a besoin d’une période de repos (230894)
Pas de nouvelles ordinations d’évêques en vue, aucun contact avec Rome
Bulle/Enney, 23août(APIC) Les disciples de feu Mgr Lefebvre n’ont à
l’heure actuelle aucun contact avec Rome et la Fraternité Saint Pie X n’a
pas l’intention d’ordonner d’autres évêques pour le moment, souligne le
journal traditionaliste «Controverses» dans sa dernière édition. La Fraternité déclare avoir besoin actuellement d’une période de repos pour consolider les acquis plutôt que de chercher à s’étendre.
La Fraternité – qui compte quatre évêques, quelque 300 prêtres, près de
240 séminaristes et 700 lieux de culte disséminés sur les cinq continents
-, doit freiner son expansion, note l’abbé Lovey. Faute de prêtres en nombre suffisant pour faire face aux demandes.
L’abbé Philippe Lovey, supérieur du district Suisse de la Fraternité et
directeur de «Controverses» à Bulle, a déclaré mardi à l’agence APIC qu’il
n’a aucune connaissance de démarches romaines pour reprendre les contacts.
Du côté des fidèles de la tradition, déclare-t-il, «nous nous considérons
comme catholiques romains et nous aimons le Trône de Pierre». Et si les fidèles de Mgr Lefebvre ont été «mis de côté par l’Eglise catholique» et excommuniés, «pas mal de catholiques, voire de prêtres et de prélats, s’en
moquent». Notons que pour la Fraternité, le pape Jean Paul II est considéré
comme un libéral et un moderniste.
Une volonté de non-changement
«Controverses» voit dans l’élection, le 11 juillet dernier à Ecône, d’un
jeune Valaisan âgé de 36 ans, Bernard Fellay, comme nouveau Supérieur général du mouvement traditionaliste, «la volonté de non-changement dans les
positions de la Fraternité». L’élection de Mgr Fellay, ordonné évêque en
juin 1988 contre l’avis explicite de Rome (et par conséquent excommunié),
ne signifie pas, aux yeux des traditionalistes, la «prétention de s’ériger
en Eglise parallèle».
Quelques dizaines de protestants convertis au lefebvrisme
En Suisse, selon les sources de la Fraternité, environ 5’000 fidèles
gravitent autour de la Fraternité Saint Pie X, un chiffre resté le même depuis le schisme de juin 1988. Parmi eux, on compte cependant quelques dizaines de protestants, de tous âges et de tous milieux, «qui, dans leur recherche d’absolu, ont rejoint les rangs de la tradition», relève le directeur de «Controverses». Comme d’autres ont rejoint les sectes, trouvant les
Eglises établies fades et manquant de profondeur, souligne-t-il.
Ces conversions se sont passées en particulier à Bâle et à Genève. Philippe Lovey explique que ces gens ont notamment été séduits par la beauté
de la liturgie traditionnelle. «On se rend bien compte si c’est une liturgie tournée vers l’homme ou si elle a pour but la glorification de Dieu».
Pour Philippe Lovey, la messe moderne est la cause de la désertion des
fidèles, «car on a désacralisé les églises». La période de repos que souhaite la Fraternité est due au fait qu’elle s’est dispersée aux quatre
coins du monde, et a, par rapport au nombre de prêtres disponibles, trop de
lieux de cultes.
Ainsi, note Philippe Lovey, l’idée de Mgr Lefebvre était que chaque
prieuré soit doté d’une véritable communauté religieuse, de cinq à six membres, avec plusieurs prêtres, des frères et des religieuses. En effet,
note-t-il, la Fraternité, dans son l’essence, se définit comme une société
de vie commune sans voeux. «Il s’agit tout simplement de consolider nos
différents points d’ancrage». L’abbé Lovey affirme cependant que la capacité d’expansion potentielle de la Fraternité Saint Pie X n’est pas épuisée,
car «la demande reste très forte, même si on ne peut répondre à toutes les
sollicitations, faute de prêtres». (apic/be)




