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apic/Légitimer l’homosexualité?/ Tony Anatrella/

France: «Peut-on légitimer l’homosexualité?» (300197)

T. Anatrella: la société ne peut être qu’hétérosexuelle

Paris, 30janvier (APIC) Légitimer l’homosexualité serait considérer que,

au nom de l’égalité des droits, toutes les expériences peuvent avoir valeur

d’universalité. La société risque, par des lois d’exception, de fragiliser

le lien social. Or, en définitive, la société ne peut être qu’hétérosexuelle, écrit le Père Tony Anatrella, psychanalyste, dans une contribution demandée par l’épiscopat français. Un texte publié dans la série «Documents

Episcopat» sous le titre «Peut-on légitimer l’homosexualité ?».

Le Père Anatrella, spécialiste de psychologie sociale, constate une banalisation de l’homosexualité, qui se veut à parité avec l’hétérosexualité,

au nom de l’égalité des citoyens et de l’acceptation des différences. «Une

chose est de respecter les personnes qui vivent à travers l’homosexualité,

réagit-il. Une autre est de la revendiquer, de lui donner un statut social,

de l’inscrire de façon directe ou indirecte dans la loi».

Le «fantasme infantile» d’un sexe unique

A contre-courant des discours qui tendent à survaloriser l’homosexualité, le psychanalyste affirme qu’elle reste un phénomène quantitativement

«très partiel». Et alors que certains discours valorisent l’immaturité affective de certains modèles sociaux, l’Eglise, dit-il, tient un discours

relationnel fondé sur le sens global de la personne et sur la parole, elle

s’adresse à la conscience, et donc à la liberté, en mettant en avant la dimension sociale de la sexualité.

On assiste, constate le P. Anatrella, à la «valorisation narcissique»

d’une sexualité de type «infantile ou pubertaire, éclatée et indistincte».

Si dans ce cadre l’origine innée ou acquise de l’homosexualité n’est pas

aujourd’hui prouvée, le psychanalyste insiste sur la construction, par chaque individu, de son identité sexuelle, dont l’intégration nécessite un

travail important, notamment pour sortir du «fantasme infantile» d’un sexe

unique. L’acceptation d’un corps sexué, donc limité, relève d’un long processus relationnel, dit-il, notamment à travers la sexualité inconsciente

des parents. Dans l’homosexualité, l’individu fixe sa libido sur lui-même,

sur la recherche du «jumeau» (le parent du même sexe). L’échec de l’élaboration de la bisexualité psychique traduit un refus des limites du corps

sexué.

Un lien social

Une société se désorganise, explique Anatrella, quand elle ne sait plus

signifier la différence des sexes ni à quel modèle socio-affectif se

référer, comme si la différence sexuelle était aussi secondaire que la

couleur des cheveux ou des yeux. Or il n’est possible d’exister humainement

qu’en étant sexué, homme ou femme.

Conférer une légitimité à l’homosexualité reviendrait à considérer que,

au nom de l’égalité des droits, toutes les expériences peuvent avoir valeur

d’universalité, souligne l’auteur. Une société cohérente n’est pas le

résultat de la multiplicité des revendications, mais d’un sens du bien

commun et d’un projet dans lequel elle s’inscrit, dit-il. La société

risque, par des lois d’exception, de fragiliser le lien social. C’est

pourquoi, «en définitive, la société ne peut être qu’hétérosexuelle».

Dire cela n’implique aucune discrimination, souligne le P. Anatrella:

«La dignité propre de toute personne doit toujours être respectée, indépendamment d’une orientation sexuelle. L’Eglise accueille chacun tel qu’il est

et l’aide à vivre son existence et sa foi dans la fidélité à la parole de

Dieu et au sens de l’amour révélé par l’Evangile, porté et interprété par

la Tradition ecclésiale.» (apic/cip/cx/mp)

30 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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