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apic/Liban/Synode
?»Le Liban ne realisera sa vocation (…) de convivialite (…) que si les
Libanais des diverses confessions accomplissent le passage d’une mentalite
tribale, selon laquelle chacune des tribus cherche a s’imposer aux autres,
a la mentalite de nation qui se construit par les apports conjuges de
tous». Le debat du Synode pour le Liban (Rome 27 novembre – 14 decembre
1995 ) autour de la question de savoir comment reconstruire ce pays, a
commence le Lundi 27 novembre 1995, avec l’intervenion du relateur general
du Synode Libanais, Mgr Cyrille Salim Bustros, Archeveque de Baalbeck des
grecs-melkites.
Il avait ete ouvert par une priere selon le rite maronite, en arabe et en
syriaque, prononcee par le Pape, puis par l’intervention du president
delegue du Synode, le Patriarche d’Antioche des maronites, le Cardinal
Nasrallah Pierre Sfeir qui a rappele l’implication personnelle de Jean-Paul
II pour ce pays : «Vous n’avez jamais laisse passer une occasion sans
rappeler a la memoire du monde entier le martyre de notre Pays». Apres les
dix sept annees de guerre, l’Eglise entend jouer son role dans la
reconstruction de ce pays : «On le sait, a dit le Patriarche, le Pape n’a
pas de division blindees, il a cependant des moyens beaucoup plus efficaces
qui ont fait leur preuve tout recemment en Europe de l’Est.» «Nous voulons
croire fermement, a pu conclure le Cardinal Sfeir, que les travaux de ce
Synode seront couronnes de succes et que le Liban sera preserve avec toutes
ses caracteristiques pour reprendre son role dans le concert des Nations.»
Le relateur general, Mgr Bustros, n’a pas cache le scepticisme que
l’intiative de Jean-Paul II, avait fait naitre au Liban : «La question qui
s’est presente a l’esprit de la plupart des Libanais a ete de s’interroger
sur son utilite» en particulier dans un «petit pays noye dans de grands
problemes plus politiques qúils ne sont religieux, dechire par des interets
et des forces qui, en somme, le depassent et concernent pour le moins toute
la region.» Aujourd’hui, quatre ans apres la convocation, le 12 juin 1991,
les mentalites ont evolue dans ce pays : «la guerre a fait davantage
prendre conscience de la necessite pour tous les Libanais de l’acceptation
mutuelle, et elle a affermi leur volonte de vivre ensemble».
?Dans cette perspective, il importe, selon le relateur generale du Synode,
de realiser le «passage d’une mentalite tribale» a » la mentalite de
nation» pour que ce pays puisse reprendre la place qui est la sienne.
L’Eglise, doit elle aussi changer des habitudes heritees du passe en
particulier, «passer de la concurrence a l’appui mutuel entre religieux,
religieuse et clerge seculier». Elle pourra ainsi, profiter de «retour du
religieux que l’on observe apres la guerre» pour favoriser «la nouvelle
evangelisation» autant que la diffusion des «valeurs humaines» dans la
societe.
Une derniere perspective devrait etre soulignee : les relations avec les
musulmans, dont trois representants ( des trois communautes du Liban
Sunnites, Chiites, Druzes ) vont assister et suivre au titre de «delegues
fraternels» – fait sans precedent souligne-t-on a Rome – a tous les
travaux du Synode. En effet , pour le rapporteur general «il est necessaire
pour les chretiens et les musulmans d’arreter leurs polemiques pour passer
a la collaboration dans les oeuvres de bien.» Enfin, le theme de la
politique, s’il n’est pas premier dans le synode, «les autorites civiles
n’ont rien a faire dans ce Synode» a rappele le Cardinal Sfeir, est
omnipresent dans les esprits. A ce propos, le relateur general a precise :
«L’Eglise est appelee a jouer un role, difficile a ce niveau, d’educatrice
des consciences et a faire en sorte qúelle demeure la conscience du
politique pour que soit restitue a la politique toute sa noblesse
d’organisation pratique de la cite au benefice de tous (…) Elle doit
veiller a la sauvergarde de la souverainete de l’Etat (…) sans etre liee
a aucun regime politique.»




