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EMBARGO: 11h30 dimanche matin

Belgique: Liège en fête pour célébrer le 750 anniversaire de la Fête-Dieu

Mgr Etchegaray préside la cérémonie. Message au pape (090696)

Liège, 9juin(APIC) Le cardinal Roger Etchegaray, envoyé spécial du pape

Jean-Paul II, a présidé l’eucharistie solennelle célébrée le 9 juin en la

basilique Saint-Martin de Liège, à l’occasion du 750e anniversaire de l’institution de la Fête-Dieu. Cette célébration, retransmise en eurovision,

avait pour thème «Communion et Solidarité», leitmotiv du Jubilé de la FêteDieu dans le diocèse de Liège. Ce 750e a encore été marqué par le message

du pape adressé à Mgr Houssiau, évêque de Liège.

«La fête de Dieu, la fête avec Dieu»: dans son homélie, le cardinal Etchegaray a d’abord salué le nom de la fête instituée dès 1246 dans le diocèse de Liège, puis étendue en 1264 à l’Eglise universelle par le pape Urbain IV. Le cardinal a souligné le rôle joué par deux Liégeoises, Julienne

de Cornillon et son amie Eve de Saint-Martin, qui ont «imaginé avec audace

et réclamé avec obstination» cette Fête-Dieu «à une époque où l’Eglise se

mettait à grelotter par refroidissement de la foi en l’Eucharistie, sacrement de l’Alliance de Dieu avec les hommes».

Pendant longtemps, la Fête-Dieu a été, pour bien des communautés chrétiennes, l’occasion de parer les rues des plus beaux atours. En évoquant un

souvenir de son enfance basque, le cardinal Etchegaray ne s’est pas attardé

à un moment de nostalgie, mais au sens de cette «jubilation» populaire autour de la fête du «Corps du Christ». Comme le souligne le thème «Eucharistie et Solidarité», qui aura dominé le Jubilé de la Fête-Dieu à Liège, «le

sacrement de l’autel et le sacrement du frère constituent les deux bouts

d’une même chaîne d’amour». L’envoyé du pape a rappelé alors ce mot de

saint Augustin : «Deviens ce que tu reçois : tu as reçu la charité du

Christ, rends-la Lui en charité pour les autres. Charité pour charité».

Et le cardinal de poursuivre : «Pour nous introduire à la solidarité

universelle, l’Eglise nous offre la clef la plus surprenante, la plus

prenante aussi: la solidarité avec les pauvres. Le parti pris pour les

pauvres est le test le plus sûr que nous prenons parti pour l’homme, pour

tous les hommes: il garantit et vérifie l’authenticité de notre solidarité.

Pas seulement vivre avec les pauvres, mais vivre comme les pauvres: qui ne

connaît pas soi-même la morsure de la pauvreté risque de s’endormir dans

son confort solitaire».

Le pape rappelle le sens de l’adoration eucharistique

Dans un message adressée à Mgr Albert Houssiau, évêque de Liège, à l’occasion du 750e anniversaire de la Fête-Dieu, Jean-Paul II rappelle le sens

de l’adoration du «Saint-Sacrement» et d’abord la signification de la fête

du «Corps du Christ», corps eucharistique et corps ecclésial, dont le pape

Urbain IV avait fait alors une fête d’obligation pour l’Eglise universelle.

«Aucun sacrement n’est plus précieux et plus grand que celui de l’Eucharistie», écrit Jean-Paul II. «Lorsque nous communions, nous sommes incorporés au Christ. Notre vie est transformée et assumée par le Seigneur».

Hors du rassemblement eucharistique, il est bon, note le pape, que la

réserve eucharistique au tabernacle reste le «centre spirituel» de la communauté et invite chacun à contempler le Christ ressuscité, dont l’Eucharistie est le «Sacrement permanent». L’Eucharistie étant «action de grâce»,

c’est naturellement que le chrétien, uni au Christ, «ouvre son coeur et ses

mains pour recevoir le don de Dieu et pour le remercier de ses bienfaits».

Dans le renouveau inspiré par le concile Vatican II depuis trente ans,

l’Eglise catholique a redécouvert l’Eucharistie comme «source, centre et

sommet» de son activité spirituelle et caritative. Jean-Paul II écrit à ce

propos : «La proximité avec le Christ, dans le silence de la contemplation,

n’éloigne pas de nos contemporains, mais, au contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détreses des hommes et elle élargit le

coeur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaires de nos frères en

humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du

Seigneur. Par l’adoration, le chrétien contribue mystérieusement à la

transformation radicale du monde et à la germination de l’Evangile. Toute

personne qui prie le Sauveur entraîne à sa suite le monde entier et l’élève

vers Dieu. Ceux qui se tiennent devant le Seigneur remplissent donc un service éminent ; ils présentent au Christ tous ceux qui ne le connaissent pas

ou ceux qui sont loin de Lui ; ils veillent devant Lui, en leur nom».

Aux prêtres, le pape souhaite que le jubilé de la Fête-Dieu «ravive le

souvenir de leur ordination» et leur rappelle que la présidence de l’Eucharistie est indissociable de la mission d’édifier le «Corps du Christ»

qu’est l’Eglise. De même, le pape encourage les fidèles à se laisser illuminer par le mystère qu’ils célèbrent à l’Eucharistie afin de «demeurer en

présence de Dieu». (apic/cip/pr)

9 juin 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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