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Suisse: Les Eglises protestantes et catholique
se penchent sur la question du partage du travail (270395)
«Partager le travail: la solidarité contre le chômage», un livre de 68 p.
Berne, 27mars(APIC) Le partage du travail: les Instituts d’éthique sociale des Eglises catholique et protestantes de Suisse se préoccupent en prônant la solidarité contre le chômage. Elles le font par le biais d’un ouvrage, de 68 pages, qu’elles viennent de sortir aux éditions «Labor et Fides».
Même si l’on parle actuellement moins de la crise de l’emploi dans notre
pays, le problème n’a pas disparu, en tout cas pas aux yeux des Eglises. En
effet, le travail humain ne se réduit pas à un facteur de production. C’est
un facteur psychologique et social qui a une signification décisive pour le
bien-être de la société. Finalement, il s’agit de savoir si nous prenons en
main nous-mêmes l’organisation de notre avenir commun, ou si nous laissons
faire les «contraintes objectives» économiques et techniques impersonnelles. Ce sont-là des raisons suffisantes pour que les deux instituts d’éthique des Eglises nationales se mêlent au débat. C’est ce qu’elles viennent
de faire en éditant un petit livre intitulé «Partager le travail: la solidarité contre le chômage».
Dans ce texte écrit par la Commission nationale Justice et Paix de
l’Eglise catholique romaine et l’Institut d’éthique sociale de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), il apparaît que seul un
changement radical de notre compréhension du travail permettra la réintégration de ses exclus et la reconstitution d’un tissu social digne de nos
idéaux. Les deux instituts réclament «le droit au travail, qui va de soi
pour les Eglises» et essaient de montrer comment il pourrait être réalisé
par la réduction massive du temps de travail.
En effet, leur thèse est qu^une réduction du travail salarié pourrait
non seulement surmonter durablement le chômage, mais également constituer
le déclencheur «d’une réorientation dans divers autres domaines sociaux,
permettant d’atteindre et de maintenir une société d’intégration et de participation».
Un équilibre entre éthique et économie
Christian Kissling, secrétaire de Justice et Paix, est le rédacteur
principal de cet ouvrage collectif et oecuménique. Il explique d’entrée le
concept de chômage, et défend le droit du travailleur à «pouvoir gagner sa
subsistance grâce à une activité librement consentie». En fin d’ouvrage, il
esquisse la voie qui permettrait de surmonter la crise de l’emploi, avant
de développer des «pas dans la bonne direction», stratégies individuelles,
politiques et commerciales.
Celles-ci, dont l’auteur présente à la fois les avantages et les inconvénients, constituent autant de mesures concrètes et immédiates de lutte
contre le chômage, le principe général étant de «trouver un équilibre, notamment entre les principes éthiques et les contraintes économiques». L’étude ne se contente pas de réclamer une réflexion rapide de la part des partenaires sociaux et de l’Etat. Les Eglises elles-mêmes sont appelées à
s’engager, non seulement sur le plan politique, mais aussi en faveur d’un
changement de mentalité, afin de surmonter la fixation sur le travail salarié comme seule valeur pouvant procurer le bonheur. En outre, les Eglises
étant aussi des employeurs, elles se doivent de montrer le bon exemple en
développant des modèles de travail alternatifs. Chaque paroisse peut contribuer de façon décisive à atténuer la misère en empêchant la désinsertion
sociale du chômeur, «car l’Eglise ne connaît pas l’exclusion». (apic/spppr)
«Partager le travail: La solidarité contre le chômage», Labor et Fides,
Genève, 1995, 68 p, 18 francs.



