Le texte contient 54 lignes (max. 75 signes), 616 mots et 3882 signes.
apic/Loi sur le travail/ Mgr Farine
Berne: Mgr Farine pas tendre pour la loi sur le travail (111196)
«Plus je l’étudie, plus je la trouve ignoble»
Berne, 11novembre (APIC) Mgr Pierre Farine a qualifié d’»ignoble» la révision de la loi sur le travail. L’évêque auxiliaire à Genève n’a pas mâché
ses mots lundi à Berne en commentant la loi soumise au peuple suisse le 1er
décembre prochain: «Plus j’étudie les conséquences qu’elle aura si elle est
acceptée, plus je la trouve ignoble».
Invité au Club de la presse, organisée par l’Association suisse des
journalistes catholiques, le nouvel évêque a surtout expliqué les raisons
religieuses de la valeur du dimanche, mais il n’a pas caché non plus ses
sentiments – dans un langage imagé qui sortait de la langue de bois – envers les conséquences sociales de la loi.
Deux autres participants avaient été invités pour dire l’enjeu de cette
votation fédérale. Anne Walder Pfyffer, experte auprès des syndicats chrétiens à Berne et Jean-Pierre Kälin, directeur du personnel aux CFF.
Mgr Farine a rappelé dans quel contexte est né le rôle du sabbat juif
puis du dimanche chrétien. Il faut revenir aux textes bibliques qui parlent
de la création. Après les six jours de travail, le 7e Jour est heureusement
un jour de joie et de détente. Usant d’un langage populaire qui a réjoui
l’assistance, l’évêque auxiliaire s’est écrié: «Ouf!, dit Dieu, j’ai assez
bossé»! Voilà un des sens du mot «sabbat», à savoir l’interruption d’une
occupation qui peut certes être gratifiante, mais qui permet enfin de faire
aussi autre chose. Mgr Farine a redit que le dimanche, jour qui commémore
le Christ ressuscité, doit rester pour les chrétiens ce moment privilégié
où ils célèbrent leur Seigneur, mais savent aussi utiliser ce jour d’une
manière communautaire et conviviale. Le «repos» du dimanche, ce n’est pas
seulement la grasse matinée, mais le jour où l’on peut cultiver la fine
pointe de sa personnalité.
Anne Walder Pfyffer a, de son côté, décrit les conséquences néfastes,
spécialement pour la santé, du travail de nuit. Elle craint aussi la généralisation «du travail à l’appel», pour les vendeuses des grands magasins,
si la loi est acceptée. Après avoir rappelé les grandes dates historiques la première en 1877 – de l’interdiction du travail, le dimanche, dans les
fabriques en Suisse, elle s’indigne aussi de ce retour en arrière social
prévu dans cette loi contestée.
Jean-Pierre Kälin lui aussi votera «non» le 1er décembre, même s’il est
le chef du personnel des CFF, une entreprise qui, au nom du service public,
doit bien travailler le dimanche. Economiquement, ce n’est pourtant pas une
bonne affaire de travailler le dimanche, car le personnel des CFF reçoit
30% de salaire supplémentaire. Grâce aux syndicats, le personnel qui travaille le dimanche, comme celui qui travaille de nuit, a donc droit à des
compensations en temps et en salaire. Ce que veut justement enlever la nouvelle loi dans les autres secteurs de l’économie. Les fonctionnaires des
CFF ont manifesté à Berne, certes contre la baisse de leurs salaires, mais
aussi contre la loi sur le travail.
Un débat nourri a permis à l’assistance de poser des questions pertinentes aux orateurs. Une assistance manifestement acquise à un «non» sec pour
le 1er décembre. Encouragés par les orateurs qui ne veulent pas d’un «haro
sur le dimanche». (apic/ba)



