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apic/Loi sur le travail VD
Suisse: Révision de la loi sur le travail (031196)
«Non» des Eglises vaudoises
Lausanne, 3novembre (APIC) L’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud
(EERV) et le vicariat épiscopal catholique, à Lausanne, ont adopté, à
l’instar des Eglises nationales suisses, une prise de position commune contre la loi sur le travail soumise au peuple suisse le 1er décembre. Les
deux instances estiment que les modifications proposées apporteraient «des
changements substantiels dans la vie au travail (…) dans une direction
peu favorable aux travailleurs, et, par voie de conséquence, à l’ensemble
de la société».
Depuis le milieu du siècle passé les partenaires politiques et sociaux
ont négocié petit à petit un contrat social impliquant la paix du travail
et assurant la protection des travailleurs. «Vu les changements économiques
actuels, une profonde remise en question de ce contrat social est en
cours», estiment les Eglises. Pour elles, la loi sur le travail est un des
éléments importants de ce contrat. En effet, elle sert notamment de base
pour la négociation du statut de salarié, en particulier pour les conventions collectives.
«Telle qu’elle se présente, la révision de la loi risque fort de transformer ce contrat social dans une direction peu favorable aux travailleurs,
et, par voie de conséquence, à l’ensemble de la société», déclare le communiqué commun publié samedi.
Qu’adviendra-t-il de la vie familiale et associative, des relations humaines et sociales, de l’épanouissement personnel et du développement spirituel si soirées et week-end peuvent être «pris» par le travail, sans compensation matérielle?», demandent les Eglises.
«Qu’en sera-t-il de la santé des travailleurs s’ils sont contraints de
travailler en tout temps sans respect des rythmes nécessaires à l’équilibre
psychique et physique de tout être humain? Comment des négociations de compensations pour le travail irrégulier pourront-elles avoir lieu s’il n’y a
plus, dans la loi, des repères sur lesquels s’appuyer?»
Des valeurs fondamentales sont en jeu, les Eglises tiennent à ce que le
dimanche garde son caractère particulier, afin de sauvegarder la vie familiale, sociale, communautaire et religieuse. «L’homme n’est pas seulement
l’objet de l’économie, il ne peut pas être défini seulement par le travail», proclament-t-elles. Et de poursuivre: «Cette révision nous concerne
tous: elle oriente l’avenir humain et social de notre pays. A l’heure des
choix, il importe d’y réfléchir pour se situer en connaissance de cause.»
Dans ce sens, l’Eglise réformée et le vicariat épiscopal du canton de
Vaud ne se sont «pas favorables à la révision de la LT, telle qu’elle est
présentée et soumise à la votation du 1er décembre prochain». (apic/sppcom/mp)




