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apic/Los Angeles/Vida Nueva

Etats-Unis: Journal diocésain engagés: aux service des latinos

Les «hispanics» bientôt majoritaires à Los Angeles (050196)

Los Angeles, 5janvier(APIC) «Vida Nueva», le journal édité en espagnol

par l’archidiocèse de Los Angeles, est un organe de presse engagé. Il ne

s’en cache pas. Les membres de son comité directeur en sont fiers. Et pour

cause: le bimensuel de format tabloïd s’est fixé pour objectif principal

d’être le porte-parole des plus vulnérables de la société californienne,

explique Alicia Morandi, membre du staff. Et les plus vulnérables, à Los

Angeles, ce sont les immigrants latino-américains.

Avec un tirage de 100’000 exemplaires et un lectorat quatre fois plus

important, «Vida Nueva» est devenu une «carte routière de survie» pour beaucoup des six millions de membres de la communauté latino-américaine à Los

Angeles. Fondé par le cardinal Mahony en 1991, malgré l’avis négatif de

plusieurs de ses collaborateurs, ce journal est distribué un samedi sur

deux.

«La plupart des immigrants arrivent ici effrayés», explique Patricia

Prieto, journaliste. «A «Vida Nueva», on leur dit: «Utilisez tels services,

vous pouvez recevoir une éducation ici.» Le journal leur fait voir qu’ils

peuvent avoir de meilleures conditions de vie, dans la dignité. «Nous ne

nous contentons pas d’écrire».

Une Eglise de plus en plus «hispanique»

«Vida Nueva» est le plus important journal diocésain en espagnol des

Etats-Unis, où les «hispanics» ou «latinos» représentent un bon tiers de

l’Eglise. Dans vingt ans, si les tendances actuelles se confirment, ils

formeront même la majorité des catholiques américains.

A «Vida Nueva», le «journalisme de service» déborde très largement le

domaine de l’information religieuse. «Nous ne nous contentons pas d’informer, nous disons aussi aux gens ce qu’ils peuvent faire avec cette information», explique le rédacteur en chef, Victor Aleman. C’est pourquoi le

journal est bourré de données pratiques, d’adresses, de numéros de téléphone…

Les journalistes peuvent d’autant mieux comprendre la situation des migrants qu’ils l’ont eux-mêmes connue. Ils savent de quoi ils parlent et, en

1995, dix récompenses de l’Association nationale de la presse hispanique

ont honoré leur travail. Le journal est surtout apprécié de ses lecteurs:

81 % l’utilisent pour planifier leurs activités. C’est dire si les besoins

de la communauté hispanique sont vraiment la priorité du journal.

«Vida Nueva» ne se contente pas de dénoncer les difficultés et les injustices, mais propose simultanément des solutions créatives et pratiques qui

aident les gens à mener une vie plus digne.

Aujourd’hui, dans un climat hostile aux immigrants; «Vida Nueva» a plus

que jamais sa place, estime Alicia Prieto. «La Californie du Sud ferme les

routes aux sans-papiers, aux migrants, et ces gens sont nos lecteurs, ditelle. Ils sont les plus vulnérables et nous mettons une information vitale

entre les mains de ces gens qui ne savent où s’adresser».

Si le budget de «Vida Nueva» est bouclé grâce aux subsides de l’archidiocèse, le directeur de la publicité prévoit que le journal aura assuré

son autonomie financière d’ici quatre ou cinq ans. A Los Angeles, les migrants représentent déjà un pouvoir d’achat annuel de 50 milliards de dollars. Selon les statistiques, 50 % de Los Angeles sera hispanique en 2010.

(apic/cip/pr)

5 janvier 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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