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apic/Luther/ 450e anniversaire

Allemagne: 450e anniversaire de la mort de Luther (150296)

Révision du regard catholique sur le réformateur

Bonn, 15février(APIC) Considérer Martin Luther comme un témoin du Christ

était encore totalement inconcevable il y a quelques décennies pour un catholique. Le 450e anniversaire de la mort du réformateur allemand est

l’occasion pour les catholiques comme pour les luthériens de poser un regard plus objectif sur sa personnalité et son oeuvre.

Luther a été qualifié pendant des siècles d’hérétique, de destructeur de

l’unité de l’Eglise, de rebelle contre le pape. Cette image négative doit

beaucoup à un de ses adversaires catholiques les plus acharnés dès 1520,

Johannes Cochläus. Le changement de perspective fut amorcé en 1904 par Sebastian Merkle dans son oeuvre sur les questions disputées de l’histoire de

la Réforme.

Le «père» de la recherche moderne sur Luther fut le théologien catholique Joseph Lortz. Dans son livre de référence sur la Réforme en Allemagne

paru en 1939/40, il reconnaît pour la première fois la responsabilité catholique dans la rupture et dénonce les abus scandaleux de l’Eglise de la

fin du Moyen-Age qui appelèrent le vent de la Réforme. Le chemin était ouvert pour un jugement plus juste sur Luther. Pour Peter Mann, disciple de

Joseph Lortz, Luther devient même «un père dans la foi».

C’est dire si le regard catholique sur Luther a profondément changé durant les dernières décennies. Aujourd’hui on parle beaucoup plus de sa foi

et de sa grande piété. En 1983, le cardinal Joseph Höffner, alors président

de la Conférence épiscopale allemande, qualifia le réformateur d’»homme religieux et de grand priant». Le pape Jean Paul II parla la même année dans

une lettre de la profonde religiosité de Luther et de sa passion ardente

pour la question du salut éternel.

Luther apparaît aujourd’hui comme un moine doué et pieux, un grand théologien biblique, professeur d’université et prédicateur. Le coeur de sa

théologie est que la justice de Dieu n’est pas celle d’un juge, mais celle

qui justifie le croyant par miséricorde, à cause des mérites du Christ mort

sur la croix.

La naissance de la Réforme date du 31 octobre 1517, lorsque Martin Luther afficha sur la porte du château de Wittenberg ses 95 thèses dénonçant

les abus de l’Eglise et en particulier la vente des indulgences. Luther fut

excommunié en 1521 et banni de l’Etat. Mais le mouvement était lancé qui

allait conduire à la séparation des Eglises. (apic/kna/mp)

15 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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