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apic/Macédoine/Eglise orthodoxe

Skopje: Le président de l’ex-République yougoslave de Macédoine (150295)

condamne l’attitude de l’Eglise orthodoxe serbe

Varsovie, 15février(APIC) Le président de l’ex-République yougoslave de

Macédoine (FYROM), Kiro Gligorov, a condamné l’attitude de l’Eglise

orthodoxe serbe qui refuse de reconnaître l’indépendance de l’Eglise orthodoxe autocéphale de Macédoine. «Les relations mutuelles entre la Serbie et

la République macédonienne sont influencées négativement par l’attitude incompréhensible de l’Eglise orthodoxe serbe», relève-t-il dans une interview

à un journal polonais.

«Lorsque la République de Macédoine a proclamé son indépendance, l’armée

yougoslave s’est retirée de façon pacifique. Aujourd’hui nous sommes convaincus qu’il est dans l’intérêt des deux pays d’aboutir à une reconnaissance mutuelle et d’entamer des relations normales et amicales», a souligné

le président Gligorov. Le président estime que le gouvernement de Belgrade

«n’a plus de revendications territoriales» sur la FYROM.

«Toutefois, a-t-il ajouté, l’attitude du clergé serbe entraîne inévitablement une perte de confiance.» L’Eglise orthodoxe macédonienne regroupe

environ 60 % des citoyens de l’ancienne République yougoslave (1,9 million). Elle a obtenu son autonomie du patriarcat serbe en 1958, et s’est

proclamée unilatéralement autocéphale en 1967. L’Eglise macédonienne n’est

pas reconnue par les autres Eglises orthodoxes, mais son désir d’indépendance a reçu le soutien du gouvernement de Skopje. L’Eglise orthodoxe de la

Grèce voisine estime que l’Eglise macédonienne «usurpe» l’autorité orthodoxe légitime.

Les responsables de l’Eglise macédonienne, qui compte dix diocèses, dont

trois à l’étranger, ont rejeté un ultimatum du Synode orthodoxe serbe qui

leur demandait, à la mi-1994, de «revenir à l’unité canonique avec le patriarcat de Belgrade» avant le 2 septembre. La situation semble aujourd’hui

bloquée. Pour Georges Tsetsis, représentant du Patriarcat oecuménique auprès du Centre oecuménique de Genève, «le fait même que le président Glogorov plaide pour l’autocéphalie de la soi-disant Eglise orthodoxe macédonienne est une preuve supplémentaire que la déclaration d’autocéphalie de

1967 était dictée par des motivations politiques et s’inscrivait dans une

démarche politique visant à prouver que le sud de la Yougoslavie était habité par la ’nation macédonienne.» (apic/eni/mp)

15 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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