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Matran: Session pastorale annuelle du clergé fribourgeois (240195)

A la redécouverte de la diversité des ministères dans l’Eglise

L’ombre de l’»affaire Gaillot»

Matran, 24janvier(APIC) Quelque 150 prêtres, religieuses et laïcs permanents engagés en pastorale dans le canton de Fribourg planchent durant

trois jours à la Maison St-Joseph de Matran sur la diversité des ministères

dans l’Eglise, en particulier sur la complémentarité entre prêtres et

laïcs. L’ombre de l’»affaire Gaillot» plane sur les débats.

L’actualité a rattrapé les participants, dont plus d’un évoquait mardi

dans les couloirs et les carrefours les conséquences désastreuses pour

l’image de l’Eglise de la révocation de l’évêque d’Evreux. Plusieurs doyens

et curés vont préparer une lettre de soutien à l’»enfant terrible» de

l’épiscopat français qu’ils comptent faire signer durant la présente session.

Réunis pour leur traditionnelle session pastorale annuelle – «un espace

de fraternité ecclésiale», comme le dira en introduction le chanoine Jacques Banderet, vicaire épiscopal – les participants ont replongé aux racines du Nouveau Testament et des premières communautés chrétiennes. Ils ont

parcouru dans un rapide survol 20 siècles de l’histoire de l’Eglise vue

sous l’angle des ministères, avant d’aborder les grands chambardements apportés depuis le Concile Vatican II.

Les nouveaux visages de l’Eglise de l’an 2’000

Guidés par un prêtre doté d’une grande expérience du terrain pastoral,

le Père Noël Barral-Baron, vicaire épiscopal de Grenoble, ils se sont mis à

la recherche des nouveaux visages de l’Eglise de l’an 2’000. Une Eglise qui

doit se doter de structures adéquates lui permettant de faire face aux défis actuels comme le manque de prêtres et l’engagement de plus en plus nécessaire des laïcs. Un engagement fondé sur le sacerdoce commun de tous les

baptisés et que l’on redécouvre depuis le Concile Vatican II.

Les pistes ouvertes par le Concile Vatican II

Si le Concile s’est achevé il y a trois décennies déjà, on s’en aperçoit: il n’est pas partout acquis que des laïcs puissent prendre des engagements en Eglise. Ainsi, note le Père Barral-Baron, Vatican II a ouvert

des pistes, mais encore faut-il que l’on s’engage dans la direction proposée. Les Pères conciliaires ont ainsi demandé que l’on remette le diaconat

à l’ordre du jour. On estimait particulièrement nécessaire que les gens mal

à l’aise avec l’Eglise, ou qui n’ont pas l’occasion de la connaître, puissent avoir des contacts avec des gens comme eux, par ex. des pères de familles, qui ont besoin de travailler pour vivre.

En effet, «les prêtres donnent quand même l’image d’une catégorie spéciale, à part», relève-t-il. Les diacres peuvent permettre de rendre le

Christ plus présent aujourd’hui. Mais 30 ans après Vatican II, il n’y a pas

des diacres partout, et dans de nombreux endroits, fidèles, prêtres, voire

évêques préfèrent en rester aux images qu’ils ont toujours connues: «un

évêque par diocèse, un prêtre par clocher, alors même qu’ils savent qu’il

faut changer…».

Le Père Barral-Baron, qui vit en équipe pastorale depuis des années et

partage sa responsabilité ministérielle avec des laïcs, estime ainsi qu’il

est très enrichissant de travailler avec des femmes, mères de famille, qui

vivent leurs propres difficultés. Si par ailleurs, il plaide pour la restauration du diaconat féminin, qui a existé dans les premiers temps de

l’Eglise, il pense qu’il ne le verra pas de son vivant. Mais pour Noël

Barrral-Baron, il ne faut pas que l’Eglise, qui veut être fidèle à une tradition, confonde la grande Tradition avec des habitudes et des institutions

qui peuvent tout à fait évoluer. Si la raréfaction des prêtres l’a fortement interrogé depuis une vingtaine d’année, il voit de plus en plus dans

ce phénomène non pas une catastrophe, mais une épreuve pour l’Eglise. «Comme toute institution, l’Eglise a besoin d’une crise pour progresser».

(apic/be)

24 janvier 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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