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Max Thurian et la liturgie (160896)
Allier dialogue et contemplation
Rome, 16août(APIC) Une des dernières contributions de Frère Max Thurian
décédé le 15 août a été un long article paru le 28 mai dans «L’Osservatore
Romano». Le théologien plaidait pour que l’on ravive «une vraie et belle
liturgie». Un texte plutôt pratique et technique, mais qui révélait bien la
personnalité et l’évolution de son auteur: Homme de réflexion, de dialogue,
mais aussi de contemplation et de tradition. A l’annonce de son décès
l’APIC en reprend quelques extraits.
Fort de son expérience de pasteur, puis de prêtre, mais surtout de moine, Max Thurian soulignait que «le grand problème de la liturgie actuelle
(désaffection pour le culte, ennui, manque de vitalité et de participation)
dérive du fait que la célébration a perdu son caractère de mystère qui favorise l’esprit d’adoration. On assiste à une inflation de paroles, d’explications, de commentaires, d’homélies trop longues et mal préparées qui
laissent peu de place à la contemplation du mystère célébré.»
«Souvent, constatait Max Thurian, toute la célébration se déroule comme
un discours, ou un dialogue, où l’adoration, la contemplation et le silence
ne trouvent plus leur place. L’absence de respiration contemplative risque
de faire de la liturgie une pénible dissertation religieuse, une vaine agitation communautaire, ou une espèce de rengaine».
Aux yeux du théologien, «deux attitudes complémentaires de la liturgie
devront toujours être respectées»: «le dialogue face-à-face de la liturgie
de la Parole et l’orientation contemplative de la liturgie eucharistique».
Le Père Thurian relevait par exemple l’importance des éclairages: «Rien de
plus défavorable à la prière qu’une lumière violente qui ne laisse aucune
place au silence visuel».
«Il existe aujourd’hui, relevait-il par ailleurs, une manie de la simplification qui finit par appauvrir la liturgie, sans bénéfice spirituel».
Le prêtre «ne dispose pas des textes de la prière liturgique pour les modifier selon sa fantaisie ou pour des raisons théologiques personnelles».
Cette tendance conduit à «une sorte de néocléricalisme qui imposerait des
modifications à la liturgie alors que les fidèles ont le droit de la recevoir dans son intégrité comme un don du Christ et de l’Eglise, sans que les
prêtres ne se permettent de la changer».
L’adoration eucharistique tenait aussi une grande place dans son analyse. «Il est opportun que le tabernacle soit situé de façon à être bien visible dés l’entrée dans l’Eglise. Il doit être beau, illuminé comme une
louange à la gloire du Christ réellement présent». Trop souvent aujourd’hui, les églises sont conçues comme des salles polyvalentes ou autour
du seul objectif de réunir l’assemblée pour la liturgie. Elles deviennent
comme mortes au terme des célébrations, sans inviter les fidèles à y entrer
pour se recueillir dans la prière. L’église (…) doit être la belle maison
du Seigneur et de son Eglise, où les fidèles aiment se recueillir dans le
silence de l’adoration et de la contemplation. Toute église doit être priante, concluait-il. (apic/mp)




