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Italie: Mémoires du cardinal Oddi

«Le tendre chien de garde de Dieu» (160496)

Rome, 16avril(APIC) «Il tenero mastino di Dio» (littéralement: Le tendre

chien de garde de Dieu). Tel est le titre des mémoires que publie le cardinal Silvio Oddi. Le cardinal, âgé aujourd’hui de 86 ans, est très connu

pour son franc parler, n’hésitant pas à dénoncer les ’dérives’ de l’Eglise

ni même à critiquer le pape. Mais le cardinal Oddi, c’est surtout une très

longue carrière diplomatique.

De son expérience de nonce à Belgrade au sortir de la guerre, Mgr Oddi

se souvient de son expulsion de Yougoslavie, sur ordre de Tito, qui ne lui

pardonne pas de lui tenir tête à propos de l’archevêque de Zagreb de

l’époque, Mgr Stepinac, que le maréchal veut éloigner du pays. Quand cet

archevêque est créé cardinal par Pie XII, il ne reste plus à Mgr Oddi qúà

faire promptement ses valises.

Dans les années cinquante, il se retrouve à Jérusalem , à un moment où

la tension entre arabes et juifs est très forte. A l’époque, écrit-il, «une

reconnaissance de l’Etat d’Israël par le Vatican aurait déclenché des réactions incontrôlables dans les pays arabes. Les minorités chrétiennes en auraient fait les frais». L’ancien nonce s’amuse beaucoup aujourd’hui des

précautions du Vatican pour ne jamais prononcer le nom d’Israël. Un article

de «L’Osservatore Romano» déclencha même un jour un affaire d’Etat, car on

y avait relaté l’accident d’un avion qui se dirigeait «vers Israël».

Mgr Oddi est ensuite envoyé au Caire au moment où le président Nasser

entend imposer l’enseignement du coran dans toutes les écoles, y compris

catholiques. Pie XII demande à Mgr Oddi de résoudre le problème. L’ancien

nonce raconte qu’il lui fut plus difficile de convaincre le sévère cardinal

Ottaviani, alors à la tête du Saint-Office, d’accepter de laisser enseigner

le coran dans les gymnases catholiques que de convaincre Nasser lui même de

cette solution.

Mgr Oddi est encore envoyé à Cuba en 1961, au moment de la crise avec

les Etats-Unis. Il découvre alors que Fidel Castro porte un rosaire autour

du cou; il organise même une procession eucharistique de remerciement au

lendemain de sa victoire, portant lui même, avec trois autre personnes, le

baldaquin du reposoir. Le cardinal Oddi reste aujourd’hui convaincu que si

les Etats-Unis avaient agi autrement à l’époque vis-à-vis de Fidel Castro,

celui-ci ne se serait jamais tourné vers l’Union Soviétique. (apic/jmg/mp))

16 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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