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apic/Menace de schisme/Nouvelle Eglise orthodoxe/Estonie

Moscou:Menace de schisme intraorthodoxe à propos de l’Estonie(260296)

L’Eglise russe met en cause le patriarche oecuménique Bartholomée Ier

Moscou, 26février(APIC) Un schisme, provoqué par l’établissement d’une

nouvelle Eglise orthodoxe en Estonie, menace d’affecter l’unité des chrétiens orthodoxes. L’Eglise orthodoxe russe a en effet annoncé le 23 février

que – pour la première fois de son histoire, soit depuis 1’008 ans – le nom

du patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, a été omis

des prières durant l’Eucharistie à Moscou.

Pour le patriarche Alexis II, primat de l’Eglise orthodoxe russe, et les

50 prêtres qui célébraient la liturgie à ses côtés dans la cathédrale de

l’Epiphanie à Moscou, le service de vendredi dernier «a été assombri par de

tragiques nouvelles».

L’Eglise orthodoxe estime que le patriarche oecuménique, Bartholomée

Ier, de Constantinople, provoque un schisme parmi les chrétiens orthodoxes

en approuvant l’établissement d’une nouvelle Eglise orthodoxe en Estonie,

qui échappe à la juridiction du patriarcat de Moscou. Une déclaration officielle de l’Eglise de Moscou a indiqué que la nouvelle Eglise a été créée

peu avant à Tallinn, capitale de l’Estonie.

L’Eglise orthodoxe russe estime que les chrétiens orthodoxes d’Estonie

relèvent de sa juridiction, même si, ajoute-t-elle, le gouvernement estonien a refusé d’enregistrer l’Eglise russe. La déclaration officielle de

Moscou a aussi accusé le gouvernement estonien d’essayer de «chasser hors

du pays les croyants de langue russe». Le patriarche Alexis – lui-même né à

Tallinn en 1929 (sous le nom d’Aleksij Rüdiger), il en fut l’évêque des années durant -et le patriarche Bartholomée sont les deux responsables les

plus influents de l’orthodoxie dans le monde.

Plusieurs conflits territoriaux en Europe orientale et dans l’ancienne

Union soviétique ajoutés aux tensions nationalistes qui ont éclaté depuis

la chute du communisme, ont provoqué des frictions entre l’Eglise orthodoxe

russe et le patriarcat oecuménique. Dans un communiqué publié le 24 février

à Istanbul, le patriarcat oecuménique déclare avoir pris cette décision,

après les demandes répétées du gouvernement estonien et de la majorité

écrasante des paroisses orthodoxes estoniennes qui demandaient à retourner

sous juridiction du patriarcat oecuménique.

Le feu entre Moscou et Constantinople couve sous la cendre depuis longtemps déjà. En septembre dernier, l’Eglise russe avait boycotté démonstrativement la rencontre de haut niveau organisée par le patriarche oecuménique Bartholomée Ier dans l’île grecque de Patmos pour célébrer le 1’900e

anniversaire de la rédaction du livre de l’Apocalypse par l’apôtre Jean.

(apic/eni/kap/be)

26 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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