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apic/Message de Noël

Religion: le monde religieux s’unit dans des messages de Noël (221294)

Genève, 22décembre(APIC) Des personnalités du monde chrétien, dont le patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, et le secrétaire

général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), Konrad Raiser, adressent

des messages de Noël. Qui sont autant d’appels à la réconciliation là où

les gens souffrent de la guerre et à la fraternité entre les hommes. A Milan, un message de Noël sera en outre lu cette année dans toutes les églises chrétiennes de la ville, comme marque de réconciliation oecuménique.

Pour le secrétaire général du COE, 1994 a été une année de contrastes,

une année de lumière et d’ombre. Les souffrances continuent de peser sur

les peuples du Rwanda, de Bosnie, d’Angola et du Caucase. Mais, écrit-il

dans son message aux 324 Eglises membres du COE, une lumière s’est levée

sur les peuples d’Afrique du Sud, de Palestine et d’Irlande».

A Noël, poursuit K. Raiser, beaucoup de chrétiens allument des bougies

pour symboliser la naissance du Christ, lumière du monde. «Portons aujourd’hui cette lumière de Noël dans les lieux obscurs qui existent partout

autour de nous, afin que, comme le dit Matthieu dans son évangile, ’elle

brille pour tous ceux qui sont dans la maison’.»

Gottfried Brakemeier, président de la Fédération luthérienne mondiale

(FLM), rappelle quant à lui que «trop souvent, nos expériences ne donnent

pas l’impression que Dieu est amour». Le pouvoir, le consumérisme et les

privilèges règnent, estime-t-il. «Le Dieu d’amour reste dans l’ombre, au

détriment de l’humanité».

C’est vers le Rwanda que se tourne pour sa part l’archevêque de Cantorbéry, George Carey, dans son message qu’il adresse aux membres de la Communion anglicane, où il évoque la lettre que lui a adressée l’épouse d’un

étudiant assassiné au Rwanda.

«Que ce Noël vous permette de surmonter les incertitudes de cette souffrance et de ce monde pécheur, pourtant si beau, pour vivre en communion de

joie avec un Père qui vous aime, un Fils qui ne fait qu’un avec nous et un

Esprit qui nous habite.»

Jésus, les évangiles et les injustices sociales sont eux au centre du

message de Noël de Jacques Stewart, président de la Fédération protestante

de France. «Il est difficile aujourd’hui d’écrire l’histoire de Jésus de

manière objective, exacte… Les évangiles sont les témoignages de gens qui

ont trouvé le chemin de la vie en trouvant le Christ. On ne peut pas entrer

dans cette découverte et vivre comme avant. On ne peut pas faire cette rencontre et se taire, se résigner à croire que les pauvres doivent continuer

à rester pauvres et supporter les dettes de plus en plus lourdes, entre

eux».

Le patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, se penche

lui sur la nécessaire présence de Dieu pour les hommes. «Aujourd’hui,

écrit-il aux fidèles orthodoxes, il est devenu évident, peut-être plus

qu’en d’autres temps de l’histoire, que l’homme a besoin de la présence de

Dieu dans sa vie». L’homme, conclut le patriarche, ne peut être libéré des

craintes qui l’assiègent, qui l’oppriment, que s’il est prêt à confier son

existence brisée au Seigneur de vie.

Encadré

Messages de réconciliation des communautés chrétiennes

Un message de Noël commun sera lu dans toutes les églises chrétiennes de

Milan cette année, comme marque de réconciliation oecuménique.

Dans un autre coin de l’Europe, en Grande Bretagne, la cathédrale de Coventry, publie un message, en allemand, pour appeler à la coopération avec

«les amis allemands pour l’instauration d’une Europe plus juste», une Europe qui sera une bénédiction et non une malédiction pour le monde».

La cathédrale de Coventry a été détruite lors d’un bombardement allemand

durant la deuxième guerre mondiale. Après 1945, la cathédrale est devenue

un centre de réconciliation entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne, et elle a fondé une communauté avec les Eglises du monde entier oeuvrant en faveur de la paix et de la justice.

«Les ruines de la cathédrale sont devenues un lieu de pèlerinage pour la

paix. Sur ces ruines, une nouvelle cathédrale a été reconstruite, signe

d’espoir et de vie nouvelle. Derrière l’autel de la réconciliation, gravés

dans les vieilles pierres, sont inscrits les mots de celui qui a été crucifié: «Père, pardonne-nous» – non seulement les Allemands, mais nous tous,

l’ensemble de l’humanité», est-il écrit dans le message, signé par John

Petty, doyen de Coventry, et Paul Oestreicher, directeur du Centre de la

cathédrale pour la réconciliation. (apic/eni/eb/pr)

22 décembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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