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apic/Mgr Gaillot/Déclaration épiscopat français

France: Le Conseil permanent de l’épiscopat (160295)

justifie la révocation de Mgr Jacques Gaillot

Distance croissante avec les évêques et le pape

Paris, 16février(APIC) Dans une longue déclaration, le Conseil permanent

de l’épiscopat français commente et justifie jeudi la révocation de Mgr

Gaillot par le Vatican, survenue le 13 janvier dernier. Mgr Gaillot n’est

pas suspecté dans son attachement au Christ, ni dans son effort de présence

active aux exclus. Il demeure évêque de l’Eglise catholique, précise d’emblée le Conseil. Et de justifier la décision de Rome par les distances prises par Mgr Gaillot «par rapport à plusieurs points de discipline ou de morale qui ne sont pas sans implications théologiques».

La Conférence des évêques de France annonce par ailleurs qu’elle versera

à Mgr Gaillot le traitement d’un évêque en activité et prendra en charge

les cotisations de prévoyance sociale. Mgr Joseph Duval, président de la

Conférence des évêques, Mgr Emile Marcus, vice-président, Mgr Bernard

Lagoutte, secrétaire général et le Père Jean-Michel di Falco, porte-parole

se rendront à Rome au début mars pour rencontrer les responsables des

divers dicastères.

Une décision de cet ordre est rare, elle a surpris et provoqué des réactions de rejet. Elle a même ébranlé la cohésion de la communauté catholique. Mais ceci ne veut pas dire qu’elle n’est pas conforme à l’enseignement

de Vatican ou au droit de l’Eglise, relève la note.

Ce qui est en cause est la distance croissante mise par Mgr Gaillot entre lui et les évêques, entre lui et le pape. «Un bon nombre de ses visites

et de ses interventions méconnaissaient la situation locale et mettaient en

porte-à-faux l’évêque du lieu.» Cette distance s’est manifestée «dans plusieurs points de discipline ou de morale qui ne sont pas sans implications

théologiques», souligne le Conseil.

Et le Conseil de rappeler la Constitution Lumen Gentium du Concile Vatican II qui demande «la reconnaissance respectueuse du suprême magistère et

l’adhésion sincère à ses affirmations… (LG 25)» «Comment un évêque dont

la mission est d’aider le peuple de Dieu à vivre dans la communion de la

foi catholique pourrait-il se soustraire à cette règle de conduite?», s’interroge le Conseil de l’épiscopat.

La déclaration poursuit en indiquant que le dialogue était devenu plus

difficile au cours des derniers mois écoulés. Il est apparu que les difficultés ne pouvaient plus être résolues par le seul épiscopat français. Le

pape en a tiré les conséquences.

Cela dit, le Conseil insiste dans une seconde partie sur la nécessité du

dialogue et de la concertation dans l’Eglise dans le respect des responsabilités de chacun. La pratique des Synodes dans les diocèses a déjà favorisé l’acceptation des différences et la communion dans le respect d’une légitime diversité, écrivent les évêques. Mais d’énormes progrès sont encore

à réaliser.

L’attention aux plus pauvres n’est nullement remise en cause et on ferait injure aux multiples associations catholiques et à la foule des chrétiens qui oeuvrent pour la solidarité en ne mentionnant pas leur travail

discret et efficace, relève par ailleurs le texte de la déclaration.

Enfin, le texte souligne que les médias sont un défi pour l’Eglise. Saura-t-elle le relever pour proclamer le message du Christ dans la plénitude

de sa vérité?. (apic/mp)

16 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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