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Pays-Bas: Mgr Muskens à la rencontre des chrétiens critiques
Bois-le-Duc, 7juillet(APIC) «On ne peut pas prêcher en s’inscrivant en faux. Ce n’est pas avec une mentalité de croisade
qu’on y arrivera. Ce qui nous frappe, chez le Christ, c’est sa
miséricorde», a déclaré Mgr Muskens, évêque de Breda, en plaidant
pour «une autre approche» des catholiques qui ne se sentent plus
à l’aide dans l’Eglise.
Mgr Muskens a pris part à l’Ascension à la dernière assemblée
du Mouvement du 8 Mai, qui est, depuis la venue du pape aux PaysBas en 1985, le grand rendez-vous des chrétiens critiques.
C’était la première fois qu’un évêque était invité à prendre la
parole en assemblée plénière. Mgr Muskens l’avait fait au nom de
l’ensemble des évêques. Sans concession, puisqu’il a indiqué que
ceux-ci maintiennent des «sérieuses objections» contre certains
jugements émis par le Mouvement.
Dans une interview accordée au «Katoliek Nieuwsblad», l’évêque
de Breda rompt une lance en faveur d’»une autre approche» des
chrétiens qui n’ont plus ou ont relâché les liens avec l’Eglise
et de tous ceux «avec lesquels nous avons des divergences», dans
une culture post-chrétienne. «Nous traversons une phase unique,
dit-il. Il nous faut créer une nouvelle culture chrétienne, pour
tenter de réconcilier la foi et la culture. Comme en oecuménisme,
nous devons commencer par le dialogue de la charité. Les liens de
la charité viennent avant les querelles théologiques».
A cet égard, Mgr Muskens déplore une «sécheresse affective»
caractéristique des Pays-Bas: «Quand on n’est pas d’accord avec
quelqu’un, on n’est plus capable de prendre une tasse de café ensemble. On a une propension à juger et à condamner ceux qui pensent autrement. On dirait qu’on a ça dans le sang. Or on doit les
aimer, dialoguer avec eux, sans nécessairement leur donner raison. Cela vaut aussi pour certains membres du Mouvement du 8 Mai
qui pensent autrement sur certains sujets».
«Je crois qu’il faut aller à leur rencontre, poursuit l’évêque
de Breda. Se rendre à la manifestation du 8 Mai, ça ne veut pas
dire qu’on est d’accord avec eux sur tout. Le Christ est arrivé
au moment le plus opportun, où toutes sortes de théories sur le
salut arrivaient d’Egypte, de Syrie et de Perse. Le monde était
en ébullition. Quelque chose de semblable se produit en ce moment. Nous devons être présents, non pas nous réfugier derrière
une porte close, mais être au milieu.» (apic/cip/pr)



