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Mgr Ruiz esquisse le plan des futures négociations en vue de la paix
Chacun des accords partiels devra être appliqué immédiatement (290296)
Berne, 29février(APIC) Mgr Samuel Ruiz, évêque du diocèse de San Cristobal de las Casas et principal médiateur dans le conflit armé qui se déroule
depuis 1994 au Chiapas, a esquissé à Berne le plan prévu à court terme en
vue de consolider le processus de paix actuellement en cours au Mexique.
Durant la première semaine de mars, une commission de contrôle des accords déjà conclus entre le gouvernement mexicain et l’armée zapatiste de
libération nationale (EZLN) sera mise sur pied, et le 20 mars débutera la
seconde table ronde sur le thème «Justice et démocratie», a confirmé Mgr
Ruiz, au terme de son séjour en Suisse.
L’évêque de l’une des région latino-américaine la plus conflictuelle est
arrivé en Suisse en tant qu’invité de la campagne oecuménique de Carême
«Enchanté-e de te connaître».
Le processus de négociation au Chiapas traverse un moment très important. Six points de négociations portant sur les problèmes très graves que
vit le pays sont prévus. Et chacun des accords partiels qui sera conclu
devra être appliqué immédiatement, a expliqué Mgr Ruiz.
Interrogé sur le rôle joué par «l’Eglise» dans la recherche d’une solution négociée, Mgr Ruiz s’est empressé de corriger le concept institutionnel utilisé habituellement. «L’Eglise, ce n’est ni moi, ni la hiérarchie.
C’est, en fait, l’ensemble des chrétiens qui s’y trouvent (au Chiapas)…
Ils sont l’Eglise», a-t-il souligné, tout en expliquant que le rôle de médiateur exercé par l’un des évêques est le fruit d’un long travail avec et
parmi les autochtones.
Mgr Ruiz a précisé qu’avant son départ du Chiapas pour la Suisse, le
président de la Conférence épiscopale mexicaine avait envoyé une lettre à
toutes les parties en conflit (gouvernement, zapatistes, médiateurs), avalisant et approuvant le processus en cours.
La théologie importe moins que la pratique
A propos de sa conception sur la place de la théologie dans la réalité
des transformations en Amérique latine, Mgr Ruiz est catégorique. Pour tout
chrétien, a-t-il souligné, le premier aspect, c’est l’engagement de foi et
de charité aux côtés de celui qui souffre. Le deuxième sera la recherche
commune des causes de l’injustice et sa disparition, Et enfin, la réflexion
systématique sur la pratique, c’est-à-dire ce que nous appelons théologie.
«La théologie nous importe moins que la pratique. Quand arrivera le jugement dernier, on ne nous demandera pas si nous nous sommes trompés en
théologie, mais en pratique. Ce n’est pas un problème d’orthodoxie, mais
d’orthopraxis», a-t-il déclaré.
Le chemin du processus que vit le Chiapas n’est pas simple et il court
des risques, a mis en garde l’évêque de San Cristobal de las Casas. «Le
principal risque, c’est le réductionnisme que l’on peut faire de cette situation. Il ne s’agit pas seulement d’un conflit engagé par un groupe d’autochtones du Chiapas, mais d’une interpellation adressée au système international, c’est-à-dire que le conflit du Chiapas est le signal d’une crise
de tout le système dominant», a-t-il dit.
Comme disent les autochtones du Chiapas, «tout pour tous, rien pour
nous». Cela implique que l’explosion du Chiapas n’est rien d’autre que «la
localisation d’un volcan, qui était actif partout», a conclu Mgr Ruiz.
(apic/eni/pr)




