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apic/Mgr Ruiz/Démission/Insurrection du Chiapas

Mexique: Mgr Ruiz dans l’oeil du cyclone (100295)

Le médiateur du Chiapas sur la sellette

Mexico, 10février(APIC) Mgr Samuel Ruiz Garcia, l’évêque des Indiens du

Chiapas, est aujourd’hui sur la sellette. Médiateur entre le gouvernement

et les rebelles zapatistes de l’EZLN, son travail de pacification est sérieusement remis en question par la décision, prise jeudi par le président

mexicain Ernesto Zedillo, de faire arrêter les responsables de l’insurrection. Atteint par l’agence APIC à Mexico, il a refusé d’entrer en polémique

sur sa «démission forcée» demandée par le Vatican, considérant que les «révélations» faites à ce sujet et en ce moment ne sont qu’une opération de

diversion.

Interrogé jeudi, l’évêque de San Cristobal de las Casas, n’a en effet ni

confirmé ni infirmé avoir été invité à donner sa démission. Contacté par

l’APIC, le cardinal Juan Sandoval Iniguez l’avait pourtant révélé le 8

février. Contacté peu avant que le président mexicain n’ordonne l’arrestation des chefs zapatistes – décision qui pourrait réduire à néant l’espoir

d’un règlement pacifique de l’insurrection paysanne du Chiapas -, Mgr Ruiz

n’a pas caché sa crainte devant l’intérêt que certains pourraient avoir à

torpiller les négociations de paix.

Mgr Ruiz, qui s’apprêtait à reprendre jeudi matin son rôle de médiateur

entre les insurgés du Chiapas et le gouvernement, s’est étonné du moment

choisi pour faire ressortir la polémique sur sa «démission forcée», alors

que des négociations délicates sont en cours. Refusant catégoriquement

d’entrer en matière, il a insisté sur l’urgence d’obtenir la paix plutôt

que de polémiquer sur un problème qu’il estime dépassés vu l’urgence de la

situation dans son diocèse.

Une opération de diversion?

«Je n’ai ni à commenter ni à revenir sur cette affaire; je n’ai pas connaissance des sources sur lesquelles s’appuie le cardinal Sandoval. Il appartient à l’archevêque de Guadalajara d’expliciter ce qu’il avance et d’en

dire le pourquoi. En revenant sur ce thème, des gens ont sans doute intérêt

à détourner l’attention du véritable travail qui est le mien en ce moment:

travailler à la paix». Pour Mgr Ruiz, si Mgr Sandoval est en possession

d’information qu’il ne détient pas lui-même, il lui appartient d’en révéler

les sources, tout comme il lui appartient de dire pourquoi il a choisi ce

moment pour en faire publiquement état…» Mgr Ruiz précise encore qu’il

n’a eu aucun entretien avec le cardinal Sandoval».

Lettres ou pas… pressions ou non? «Je n’ai jamais voulu aborder ce

thème. Il s’agit d’une affaire strictement intra-ecclésiale. Qu’elles existent ou non n’a pas d’importance. Là n’est pas la question. D’en faire état

aujourd’hui revient à dénaturer le fond du problème et à distraire l’opinion». L’évêque des pauvres, des «Indios», ainsi familièrement nommé par

les indigènes, ne tient pas davantage à répondre aux rumeurs qui circulent

sur une supposée participation à l’insurrection formulées par certains milieux politiques, et notamment par le parti gouvernemental (PRI), pas plus

qu’il ne désire s’étendre sur les reproches d’une lecture «réductrice de

l’Evangile» et d’une pastorale non-conforme.

«Quelle importance… tout évêque qui arrive à un certain âge laisse son

diocèse. Je ne suis pas éternel. A n’importe quel moment je suis appelé à

disparaître, sous une forme ou sous une autre. Aujourd’hui toute mon attention se porte sur mon travail que je voue à une situation déterminée. C’est

là mon devoir. Le reste n’est pas prépondérant». (apic/pr)

10 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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