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apic/Mgr Sodano/Intervention/OSCE
OSCE: Le Saint-Siège dit non à la «jungle économique» (031296)
Mais oui à la «sécurité sociale» en Europe
Lisbonne, 3décembre (APIC) «Il conviendrait d’éviter que l’économie de
marché ne devienne une jungle économique», a déclaré le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, dans une intervention prononcée devant
l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, réunie à Lisbonne ces 2 et 3 décembre.
«La sécurité en Europe à l’aube du XXIe siècle repose sur un capital
de confiance et de solidarité», a souligné le chef de la délégation du
Saint-Siège, qui comprenait 8 représentants, dont Mgr Tauran, le chef de
la diplomatie vaticane, et Mgr Lebeaupin, chargé d’affaires à la nonciature auprès de l’Union Européenne.
A côté de la promotion des valeurs, des «gestes concrets» s’imposent à
l’OSCE, a plaidé le cardinal Sodano. Tout d’abord la sécurité matérielle,
par un désarmement «toujours plus déterminé» (par exemple une interdiction
totale des mines anti-personnel). Mais aussi, a-t-il ajouté, par «une meilleure définition du droit humanitaire, afin qu’en cas de conflit – qu’il
soit interne à un Etat ou qu’il oppose plusieurs Etats -, la communauté internationale puisse intervenir rapidement et avec autorité à travers des
organismes dûment mandatés, pour qu’on ne voie plus se répéter les crimes
perpétrés hier en Bosnie-Herzégovine et aujourd’hui en Afrique».
La sécurité sociale ensuite, «un des facteurs les plus décisifs pour la
stabilité des sociétés». Et Mgr Sodano d’expliquer: «Il conviendrait donc
d’éviter que l’économie de marché ne devienne une jungle économique. Cela
est d’autant plus important pour nombre de pays de l’OSCE à peine affranchis de systèmes à économie planifiée. Aujourd’hui, trop de leurs habitants
sont condamnés à une vie précaire qui leur ravit l’espoir et les fait devenir souvent victimes du crime organisé, passant d’un joug politique à un
joug économique».
C’est toute une «culture de la solidarité» qui devrait guider les acteurs de la vie économique et sociale, a encore affirmé le Secrétaire
d’Etat, «pour que personne n’oublie que, dans l’exercice légitime de sa liberté, on est toujours responsable des autres, d’autant plus que les ressources de la terre et les biens économiques et culturels ont, de par leur
nature, une dimension universelle».
Auparavant, le cardinal avait parlé de la construction de la paix en
Bosnie-Herzégovine et de la mission de l’OSCE dans les Balkans, où l’organisation «ne saurait être réduite à une simple structure de mise en oeuvre
des engagements pris». Elle doit être un relais qui permet notamment de favoriser «ce qui unit et non ce qui avilit ou détruit» et de susciter le
partenariat entre adversaires d’hier, ce qui dépend de la volonté politique
des responsables des pays des Balkans, «mais aussi de celle des gouvernements des pays représentés autour de cette table».
Le cardinal Sodano a enfin rappelé «le rôle indispensable des Eglises et
des grandes communautés religieuses pour la sauvegarde des valeurs européennes». Celles-ci «souhaitent en particulier pouvoir continuer à jouer leur
rôle d’éducatrices de la conscience et à se voir reconnaître la place qui
leur revient dans la promotion de sociétés où l’homme soit reconnu avec sa
transcendance et sa dignité inviolables». (apic/bol/cip/pr)



