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apic/Milingo/Controverse

Italie: «Persona non grata» dans certains diocèses,

Mgr Milingo pourrait poursuivre ses activités à Rome (080496)

Rome, 8avril(APIC) Le Vatican a demandé à Mgr Milingo, un prélat africain

en poste à Rome, très populaire en Italie pour son activité de guérisseur

et d’exorciste, de ne pas exercer celle-ci sans l’accord des évêques locaux. C’est le cas à Milan et dans d’autres diocèses. Il semble en revanche

que ce ne soit pas le cas à Rome.

D’abord publiée dans la presse italienne, l’information a été confirmée

en milieu de Semaine Sainte dans un communiqué officiel qui précise que le

Secrétaire d’Etat du Vatican, Mgr Angelo Sodano, «à la demande de Mgr Emmanuel Milingo, et au nom du Saint-Père», a adressé au prélat africain une

lettre lui rappelant «le principe général en vigueur dans l’Eglise selon

lequel tout activité pastorale et liturgique doit se dérouler en communion

avec l’évêque du lieu et sous sa coordination».

Mgr Milingo est «persona non grata» dans plusieurs diocèses d’Italie. La

mise au point vaticane intervient après que l’archevêque de Milan, le cardinal Martini, lui a adressé une lettre l’invitant à ne plus exercer ses

activités dans son archidiocèse. Le prélat guérisseur a fait publiquement

état de l’intervention du cardinal de Milan, pourtant faite à titre confidentiel, pour dire qu’il se soumettrait, suscitant une vive réaction de ses

«fidèles» milanais. Ceux-ci font actuellement circuler une pétition, qui a

récolté en deux jours plus de 4’000 signatures, révèle ces jours la presse

italienne.

Nombreuses célébrations d’ores et déjà prévues

Originaire de Zambie, Mgr Milingo, 66 ans, fut évêque de Lusaka jusqu’en

1983. A l’époque, le Vatican lui demanda de démissionner tant son action,

trop souvent liée à la vie politique, était controversée la-bas. Rome l’a

nommé «délégué spécial» du Conseil pontifical de la Pastorale des Migrants

et des Itinérants.

Il y a un an, Mgr Milingo avait déjà reçu un avertissement de la part de

l’archevêché de Milan, apparemment peu suivi d’effet, puisque le prélat

africain a continué à se rendre une fois par mois à Arluno, dans la banlieue milanaise.

Aujourd’hui, malgré les mises en demeure qui viennent de lui être

adressées à Milan et dans d’autres diocèses – Mgr Antonelli, secrétaire de

la Conférence épiscopale, est également intervenu -, Mgr Milingo n’a pas

l’intention de renoncer à ses activités ailleurs, notamment à Rome. Selon

la presse italienne, en effet, il célébrera une messe le 6 mai à la paroisse St-Antoine à Rome et est attendu à d’autres rendez-vous, le 16 mai à

l’hôtel Sheraton, toujours à Rome, et le 21 mai au château Odescalchi à

Bracciano (Rome). La princesse Maria Pace Odescalchi a pourtant démenti.

«J’ai parlé il y a longtemps avec Milingo de l’organisation éventuelle

d’une messe, mais aucune décision n’a été prise», a-t-elle assuré.

Mgr Milingo a déclaré de son côté: «Je suis et serai toujours obéissant

à l’Eglise, au pape et à mes supérieurs. L’attitude de nombreux évêques à

mon égard démontre cependant qu’ils sont inspirés par une culture juridique. Une culture qui n’est pas la mienne. La mienne est avant tout une culture biblique.» (apic/imed/pr)

8 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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