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apic/Mines anti-personnel/St-Siège

Mines anti-personnel: pour le Saint-Siège

«la seule solution est leur interdiction» (250496)

Genève, 25avril(APIC) Il faut interdire purement et simplement les mines

anti-personnel. C’est «la seule solution», dit le Saint-Siège sur la question.

«Les exigences de la défense nationale peuvent être satisfaites autrement, sans devoir payer ce lourd prix en humanité», a souligné à propos des

mines anti-personnel Mgr Andres Carrascosa, chef de la délégation du SaintSiège, devant la conférence réunie à Genève (22 avril – 3 mai) sur «l’interdiction ou la limitation de l’utilisation d’armes classiques produisant

des effets traumatiques excessifs ou frappant sans discrimination».

Dans son intervention lors de cette troisième réunion (les précédentes

se sont déroulées à Vienne en septembre-octobre 1995 et à Genève en janvier

dernier), Mgr Carrascosa a relevé que la position du Saint-Siège à propos

des mines anti-personnel tient compte de l’expérience des très nombreux organismes de l’Eglise catholique qui, partout dans le monde, sont confrontés

avec les effets néfastes de ces armes, qu’il s’agisse d’organisations d’entraide présentes sur le terrain ou de celles qui se trouvent dans les pays

où sont sont fabriqués ces engins, comme de celles des évêques des pays

touchés et des conférences épiscopales des pays industrialisés.

Contradictions

Le prélat a mis en évidence «la contradiction profonde dans certaines

décisions de la communauté internationale, signe évident de la nécessité de

retrouver certaines valeurs fondamentales». La liste des ces inconséquences

est longue: on fait des efforts en faveur des enfants, tandis que ceux-ci

sont les victimes les plus nombreuses de ces armes; on essaie de promouvoir

le retour dans leur pays d’origine des réfugiés et des personnes déplacées

par les conflits armés, mais la peur des mines décourage ces personnes à

rentrer chez elles; il y a des avantages économiques pour les pays producteurs – aux dépens des populations des pays qui achètent cette «arme des

pauvres» -, et la communauté internationale doit faire des efforts disproportionnés pour l’assistance humanitaire aux victimes de ces armes et pour

le déminage.

La liste de ces contradictions est loin d’être exhaustive; s’il y a

quelque utilité du point de vue militaire (que même les experts militaires

ne sont pas unanimes à quantifier), les résultats en termes de souffrance

pour les populations civiles innocentes et des besoins humanitaires qui en

dérivent surpassent de beaucoup cette utilité; on fait des efforts considérables pour favoriser le développement des pays les moins avancés, mais

la peur des mines empêche l’accès des populations aux terres cultivables;

on se mobilise pour porter secours aux personnes qui souffrent des conflits

armés quand le minage des voies de communication empêche leur acheminement;

d’une part, «on essaie de trouver des «conditions» de durée, de détectabilité, etc… que ces armes doivent réunir», mais, d’autre part, «on crée

ainsi de nouveaux marchés pour les producteurs et on stimule la production».

Des décisions «politiques»

Avant de saluer le courage des gouvernements des Etats qui se sont engagés pour l’élimination totale des mines anti-personnel, le représentant du

Saint-Siège a lancé un appel, soulignant que «notre monde a besoin de décisions courageuses dans ce domaine, comme ce fut le cas pour les armes chimiques ou les armes à laser aveuglantes (obtenue à la première session de

Vienne). Il a aussi besoin de clairvoyance: «l’issue de ces problèmes ne se

trouve pas dans l’établissement de certaines conditions que les mines antipersonnel devraient remplir», a précisé Mgr Carrascosa.

Pour le chef de la délégation du Saint-Siège «la seule solution est leur

interdiction». «Il s’agit de décisions qui ne sont pas uniquement d’ordre

militaire, a encore relevé le prélat, mais de décisions politiques qui doivent être prises par les gouvernements qui mesurent leur responsabilité envers des millions d’êtres humains innocents – souvent les plus vulnérables

– qui sont victimes de ces armes. Les exigences de la défense nationale

peuvent être satisfaites autrement, sans devoir payer ce lourd prix en humanité». (apic/cip/pr)

25 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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