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apic/Mission Universelle

20 octobre: Dimanche de la mission universelle(181096)

Le témoignage des chrétiens de Chine

Fribourg, 18octobre (APIC) En choisissant cette année de s’intéresser aux

chrétiens de Chine, les responsables en Suisse du dimanche de la Mission

universelle veulent insister sur la qualité du témoignage vécu. Après des

décennies de persécutions, l’Eglise en Chine reste une Eglise muselée.

Si les chrétiens sont libres de pratiquer leur religion, aucune autre

activité publique ne leur est autorisée. On ne peut attendre de déclaration

officielle de l’Eglise sur les droits de l’homme, les orphelinats ou le

contrôle des naissances. Mais l’Eglise de Chine témoigne comme a témoigné

saint Jean-Gabriel Perboyre, mort martyr en 1840 et canonisé le 2 juin dernier.

Jean-Gabriel Perboyre (1802-1840), lazariste, voulut d’abord être Chinois avec les Chinois. Il s’appelera Tong Wien Sheu, qui signifie «l’homme

qui recherche la sagesse». Il n’a rien du missionnaire marchant main dans

la main avec le colonisateur européen. Vivant avec le peuple auquel il a

dédié toute sa vie, il est exécuté le 11 septembre 1840 après de teribles

tortures.

Originaire d’une famille de paysans de la région de Cahors, ordonné prêtre en 1826, à l’âge de 24 ans, Jean-Gabriel Perboyre rêve d’aller en Chine, où un de ses confrères, François-Régis Clet, vient de mourir martyr. Sa

demande de départ est refusée en raison de sa santé. Nommé professeur puis

supérieur au séminaire de Saint-Flour, il est ensuite appelé à Paris comme

sous-directeur du noviciat. Il voit son jeune frère Louis partir pour la

Chine en 1831, sitôt ordonné, mais il meurt au cours du voyage. Jean-Gabriel réitère sa demande, mais n’obtient le feu vert du médecin que quatre

ans plus tard.

Chinois avec les Chinois

En mars 1835, Jean-Gabriel embarque au Havre pour Macao, où il apprend

le chinois. Il part à la fin de l’année pour la mission du Honan, sur une

simple barque, puis voyage de façon semi-clandestine. A la mi-août 1836, il

arrive épuisé à la résidence de Nan Yang Fou et tombe malade. Il lui aura

fallu deux fois six mois de voyage pour toucher au but.

Rétabli, il se remet à l’étude du chinois. Bientôt il prêche et confesse

en chinois. Avec ses trois confrères chinois, il visite les chrétiens d’un

immense territoire, organisant des missions dans chaque communauté. En

1837, il travaille dans la province voisine de Houpé: 2’000 chrétiens répartis sur 15 villages pauvres et éprouvés par une invasion de sauterelles.

Il circule à pied.

A l’automne 1839, une persécution éclate. Le 8 septembre, Jean-Gabriel

Perboyre et trois autres missionnaires sont avertis de l’avancée de troupes: ils se cachent. Commandées par deux mandarins, les troupes pillent et

saccagent la mission et l’incendient, ainsi que des maisons de chrétiens.

Jean-Gabriel est trahi et découvert. Transporté à la préfecture, il subit

des interrogatoires. Pour le faire parler, on le met à genoux de longues

heures sur des chaînes de fer, on le suspend par les pouces, on lui assène

40 coups de semelle de cuir sur le visage pour lui faire renier sa foi.

Des chrétiens arrêtés faiblissent et sont relâchés. D’autres persévèrent, qui seront exilés. Jean-Gabriel est envoyé devant le vice-roi de Ou

Tchang Fou. Une vingtaine d’interrogatoires. Le vice-roi veut l’obliger à

marcher sur un crucifix et lui faire avouer un comportement immoral. Il refuse et est battu à coup de lanières de cuir et de bâton de bambou jusqu’à

épuisement. Le vice-roi se jette finalement sur le prévenu pour le frapper

violemment. «Signez votre propre condamnation en traçant de votre main une

croix sur cette feuille». Sans hésiter, Jean-Gabriel Perboyre trace la

croix.

Dès lors, le régime carcéral s’adoucit. Un médecin soigne ses blessures.

Le 11 septembre 1840 arrive le courrier impérial. Jean-Gabriel sera exécuté

ainsi que 7 criminels. On forme un cortège avec les condamnés et on ameute

la population par des cymbales: «Voilà l’Européen qui prie!». Le bourreau

lui met au cou une sorte de collier de corde qu’il serre avec une lenteur

calculée. Trois torsions et la prière du martyr se tait. C’était un vendredi après-midi. Le corps reste sur le gibet; des chrétiens soudoient le

bourreau et le récupèrent. Il est enterré avec honneur par les chrétiens

qui reçoivent comme des reliques les habits de leur martyr. Il est proclamé

bienheureux le 10 novembre 1889. (apic/cip/mp)

Encadré

Messe en l’honneur de saint Jean-Gabriel Perboyre

Les Lazaristes et les Filles de la Charité saisissent l’occasion de la

journée de la Mission universelle pour inviter tous les amis de Jean-Gabriel Perboyre à participer à une messe en son honneur le lundi 21 octobre

à 16h à la chapelle de la Providence, à Fribourg. (apic/mp)

Encadré

Les Prêtres de la mission ou Lazaristes

Jean-Gabriel Perboyre appartient aux Prêtres de la mission ou Lazaristes,

une congrégation fondée en 1625, à Paris, par saint Vincent de Paul. Leur

activité est double, la formation des prêtres dans les séminaires et la

mission lointaine. Après la Révolution française, la Congrégation fortement

affaiblie et divisée connaît un solide renouveau dans la première moitié du

XIXe, reprenant en partie le flambeau des jésuites dont l’Ordre avait été

supprimé en 1773. Les Lazaristes ont des liens étroits avec les Filles de

la charité fondé par le même St-Vincent de Paul. (apic/mp)

18 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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