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Europe : les évêques disent
oui à la monnaie unique
Bruxelles, 22mars(APIC) La Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) s’est réunie les 14 et 15 mars à Bruxelles, sous la présidence de Mgr Josef Homeyer, évêque de Hildesheim (Allemagne). L’objet
principal de la rencontre portait sur la monnaie unique. Les douze évêques
membres de la COMECE ont adopté à Bruxelles une Déclaration en vue de la
Conférence Intergouvernementale (CIG). En voici le texte intégral (2) :
La CIG nécessite lucidité et courage
Au moment où va débuter la Conférence intergouvernementale sur l’Union
européenne, les évêques de la Commission des Episcopats de la Communauté
Européenne (COMECE) prient pour la réussite de cette importante entreprise
et souhaitent souligner quelques principes fondamentaux.
L’Union Européenne, qui compte les valeurs chrétiennes parmi ses racines, est née d’une réflexion lucide et d’un élan de solidarité et de générosité, au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle a permis d’instaurer une longue période de paix et de développement économique en Europe.
L’exemple de ses fondateurs doit inspirer la CIG.
Cette Conférence est donc une occasion propice pour les gouvernements et
les populations de l’Europe occidentale de réaliser la grande ambition
d’une société plus juste, dans le contexte difficile que nous connaissons à
l’aube du XXIe siècle.
Aussi la COMECE se doit d’apporter sa contribution à la réflexion en
cours, dire quelle Europe elle souhaite, quelles finalités la construction
européenne poursuivra.
Donner une nouvelle dimension à l’Europe
Certes, cette importante négociation permettra de compléter le Traité de
Maastricht sur l’Union Européenne et de résoudre de nombreux problèmes tant
institutionnels que techniques. Mais il est nécessaire aussi qu’elle atteigne un objectif plus élevé. Si elle veut marquer une date dans l’histoire de la construction européenne, cette Conférence intergouvernementale ne
peut que s’inspirer des valeurs éthiques essentielles qui mobilisent les
êtres et répondent aux préoccupations des peuples européens et plus particulièrement à celles de la jeunesse.
Parmi ces éléments fondamentaux, il nous faut en premier lieu rappeler
la valeur sacrée de la personne humaine et le respect inconditionnel des
droits de l’homme. Cette consécration doit se réaliser soit sous la forme
d’une charte servant de base à l’Union européenne, soit par une adhésion de
l’Union à la Convention européenne des droits de l’homme.
Un esprit d’ouverture et de solidarité
Il est indispensable que l’Union européenne fasse preuve d’un esprit
d’ouverture et de solidarité, et qu’elle inscrive parmi ses priorités une
politique sociale active prenant en compte les besoins des plus faibles.
En particulier, alors que le fardeau du chômage pèse lourdement aujourd’hui sur la vie de beaucoup d’individus et de familles, nous croyons
que la lutte contre ce fléau devrait trouver sa transcription dans le Traité en vue de rendre l’espoir aux nouvelles générations.
Cette politique sociale inclut, bien entendu, la sauvegarde et la promotion des droits de la famille. L’Union Européenne ne peut pas se limiter au
seul établissement d’une puissance économique et politique fermée sur ellemême. Elle doit permettre l’instauration d’une communauté plus humaine, accueillante aux détresses. A cet égard, la façon dont seront traitées les
questions de l’asile politique, de l’immigration, du contrôle des frontières et de la lutte contre le racisme sous toutes ses formes, restera un
test important des valeurs éthiques à promouvoir par la Conférence. Il lui
revient aussi de veiller au respect des minorités et de leurs droits.
L’Europe ne parviendra à entraîner les citoyens et à susciter leur adhésion que si elle sait rester proche d’eux et étendre le contenu de la citoyenneté européenne, dans le respect du principe de subsidiarité, de la
démocratie et de la diversité culturelle. L’Union est notamment appelée à
mettre en oeuvre ses capacités d’ouverture sur le monde extérieur et à accueillir graduellement les Etats européens démocratiques candidats à l’adhésion, dans la mesure où ils se montrent respectueux des objectifs que
l’Union s’est donnée et capables d’y participer.
Solidarité avec les pays les plus démunis de la planète
Il est de la vocation de l’Europe de montrer sa solidarité vis-à-vis des
pays les plus démunis de la planète en continuant à leur apporter son aide.
C’est à ce prix que l’intégration européenne trouve sa pleine justification
et contribue au développement de la paix et de la justice dans le monde.
La COMECE appelle tous les catholiques, en union avec les autres chrétiens et leurs concitoyens, à renouveler leur attention et leur engagement
pour la construction d’une Europe efficace et solidaire.
Encadré
COMECE, avenue Père Damien, 13 – 1150 Bruxelles (tél. 00-32-2/771.36.78 ;
fax 00-32-2/770.76.54). (2) Version française originale, y compris les
sous-titres. Le texte est signé par : – Mgr Josef Homeyer, évêque de Hildesheim (Allemagne), président de la COMECE ; – Mgr Fernand Franck, archevêque de Luxembourg, vice-président de la COMECE ; – Mgr Elias Yanes Alvarez, archevêque de Saragosse (Espagne), vice-président de la COMECE ; – Mgr
Dante Bernini, évêque d’Albano (Italie) ; – Mgr Maurice Couve de Murville,
archevêque de Birmingham (Angleterre/Pays de Galles) ; – Mgr Lucien Daloz,
archevêque de Besançon (France) ; – Mgr Luk De Hovre, évêque auxiliaire de
Bruxelles (Belgique) ; – Mgr Joseph Duffy, évêque de Clogher (Irlande) ; Mgr Czelslaw Kozon, évêque de Kobenhavn (Danemark) ; – Mgr Christoph Schönborn, archevêque de Vienne (Autriche) ; – Mgr Januario Torgal Ferreira,
évêque auxiliaire de Lisbonne (Portugal) ; – Mgr Adrianus H. van Luyn, évêque de Rotterdam (Pays-Bas).



