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Russie: Réunion de l’épiscopat de l’Eglise orthodoxe russe (280297)

Les relations Eglise-Etat en discussion

Moscou: 28février(APIC) Cent trente-huit évêques venus de Russie,

d’Ukraine, de Biélorussie, de Moldavie, des pays baltes, des républiques

d’Asie centrale ainsi que des diocèses du patriarcat de Moscou en Europe

occidentale et en Amérique ont pris part à l’assemblée plénière de l’épiscopat de l’Eglise orthodoxe russe qui s’est tenue du 18 au 22 février 1997

au monastère St-Daniel à Moscou.

Le patriarche Alexis II a indiqué que l’Eglise russe comptait à ce jour

au total 18’000 paroisses, 390 monastères, 5 académies de théologie, 21 séminaires et 23 écoles de formation de maîtres de chapelle. La majeure partie de son rapport d’activité a toutefois été consacrée au rôle de l’Eglise

dans la société russe.

L’»une des causes des maux qui se sont abattus sur la Russie tient à

l’absence dans notre société d’un système de valeurs morales qui viendrait

empêcher tout homme vivant dans la richesse et le confort de passer sans

réagir à côté de son prochain qui souffre», a affirmé Alexis II. Pour

restaurer ce système de valeurs, il a proposé que l’Eglise devienne «un

acteur à part entière du processus social qui devrait changer la situation

dramatique actuelle du pays».

Si les relations avec les autorités civiles en Russie sont bonnes, par

contre en Ukraine la situation est plus contrastée. En Russie, «sans

chercher à devenir une Eglise d’Etat et tout en restant à l’écart des

combats politiques, notre Eglise reste ouverte à toute idée de coopération

avec les structures du pouvoir à tous les degrés», a souligné le patriarche

de Moscou.

En Ukraine, certaines autorités et la presse soutiennent ouvertement les

entités orthodoxes dissidentes, mais dans leur grande majorité, les clercs

et les laïcs sont restés dans la juridiction de l’Eglise orthodoxe autonome

d’Ukraine rattachée canoniquement au patriarcat de Moscou et qui compte 6

500 paroisses. Le dialogue oecuménique, dans un contexte nouveau en Europe

orientale, est devenu plus difficile à mener et a besoin d’être réorienté,

relève le patriarche. A côté des questions théologiques, il doit être

recentré sur des problèmes pratiques, notamment par le biais d’actions de

coopération dans le domaine social.

Quant à l’éventuelle canonisation du tsar Nicolas II et de sa famille,

les évêques ont décidé de soumettre à l’examen du prochain concile de

l’Eglise russe qui doit se tenir dans un an ou deux.

L’assemblée a procédé à la canonisation de trois évêques russes le

métropolite de Kroulitsy Pierre (Polianski), le métropolite de Leningrad

Séraphin (Tchitchagov) et l’archevêque de Kostroma Thaddée (Ouspenskii),

tous trois emprisonnés pour leur foi par les autorités soviétiques, et

fusillés en 1937.

Sur le plan oecuménique, les évêques ont décidé de poursuivre le travail

au sein du Conseil oecuménique des Eglises (COE) ainsi que le dialogue avec

les anciennes Eglises orientales (préchalcédoniennes) et de contribuer à

l’élaboration d’une solution panorthodoxe sur ces questions.(apic/sop/fd)

28 février 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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