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apic/Moscou/Rapport/Victimes ex-URSS
Ruisse: Un rapport dénonce l’ampleur des
persécutions religieuses dans l’ex-URSS (291195)
Vers une réhabilitation massive des victimes
Moscou, 29 novembre(APIC) Un rapport dénonçant l’ampleur des persécutions
religieuses dans l’ex-Union Soviétique a été publié le 27 novembre à Moscou. Un décret visant à réhabiliter les personnes mortes ou emprisonnées
pour leurs croyances religieuses pourrait suivre cette publication.
Ce rapport, établi par la commission présidentielle sur la réhabilitation des victimes de la répression politique, rendu public lundi en Russie,
donne des détails sur la répression et les persécutions dont ont été victimes les membres du clergé et les croyants dans l’ex-Union soviétique.
Selon le président de cette Commission, Alexander Yakovlev, le président
Eltsine devrait promulguer un décret, qui confirmera également la restitution de toutes les églises à leurs dénominations respectives et pourrait
obliger les autorités locales à apporter leur soutien aux projets de rénovation.
Même si des informations secrètes sur les brutalités du régime soviétique avaient déjà été divulguées ces dernières années, c’est la première
fois qu’une enquête officielle et détaillée est publiée à ce sujet. Le rapport porte sur la répression exercée à l’encontre de l’orthodoxie, religion
dominante dans le pays, et aussi du judaïsme et de l’islam.
Les observateurs établissent un lien entre la publication de ce rapport
et la préoccupation actuelle du gouvernement russe devant la montée du parti d’opposition communiste dans la période qui précède les élections parlementaires prévues en décembre.
Selon le rapport, «un grand nombre d’ecclésiastiques, de moines et de
religieuses ont été brutalement martyrisés par les bolcheviks» lors d’une
campagne de répression qui a commencé dès le printemps 1918, après la révolution de 1917.
En 1922 avait alors commencé la campagne de confiscation des biens
d’Eglises dans le but de briser la base même de l’Eglise.
Dans un message secret adressé au Politburo, Vladimir Ilitch Oulianov
(Lénine) écrivait: «Plus nous réussirons à abattre de membres les plus représentatifs du clergé réactionnaire … mieux ce sera. C’est maintenant
que nous devons leur donner une leçon, afin que, pour plusieurs décennies,
ils ne songent même plus à résister».
La répression à l’encontre de l’Eglise orthodoxe était aussi appliquée
aux autres religions, précise le rapport. C’est à la fin des années 30 que
cette répression a été la plus féroce. En 1937, 136’900 ecclésiastiques orthodoxes ont été arrêtés et 85’300 tués. Une année plus tard, 28’300 ont
été arrêtés et 21’500 tués. En 1939, sur 1’500 personnes arrêtées, 900 ont
été tuées.
Même durant la deuxième guerre mondiale, lorsque Staline avait autorisé
une réhabilitation partielle de l’Eglise, chaque année, plus de cent prêtres orthodoxes ont été exécutés, soutient encore le rapport, selon lequel
même si elle avait un peu diminué, la persécution ne s’est arrêtée qu’à
l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev et sa politique de démocratisation et de
glasnost.
Aujourd’hui, l’Eglise orthodoxe russe a déjà canonisé certains de ces
martyrs. Dans tous les services religieux célébrés à leur mémoire, une
prière est prononcée pour les centaines de milliers de croyants «dont les
noms sont connus de Dieu seul». (apic/eni/pr)



