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apic/Mur de Berlin/EPER
Suisse: la campagne d’automne de l’EPER bat son plein (131194)
La chute du mur de Berlin, il y a 5 ans, quelles conséquences?
Genève, 13novembre(APIC) Cinq ans après la chute du mur de Berlin – 9 novembre 1989 -, les Eglises de l’Europe de l’Est s’interrogent sur leur avenir et le rôle qu’elles entendent jouer. Plusieurs invités, représentants
des Eglises minoritaires de cette partie de l’Europe – réformées en particulier -, participent à des conférences-débats organisées ces jours-ci en
Suisse romande par l’Entraide protestante romande suisse (EPER) et le Département missionnaire des Eglises protestantes romandes dans le cadre de
la campagne d’automne 1994.
Cinq ans aprés la chute du mur, les Eglises de l’Est se trouvent confrontées à de nouveaux défis: bouleversements sociaux, réveil des nationalismes, explosion religieuse ou encore problèmes oecuméniques. Présentes
en Europe centrale et orientale depuis la Réforme, voire la pré-Réforme,
les Eglises de tradition protestante, bien que minoritaires partout, excepté en Lettonie et en Estonie, entendent jouer leur carte dans ce monde en
mutation.
Dans un pays à 90% catholique, note le pasteur Bogdan Tranda, responsable du magazine réformé «Jednota», l’Eglise réformée en Pologne, avec ses
quatre à cinq mille membres, ressemble bien «à une souris à côté d’un éléphant». Minoritaires parmi la minorité protestante, les réformés polonais
sont répartis en 10 paroisses disséminées dans le pays. Autre Eglise historique implantée en Pologne depuis la Réforme: l’Eglise luthérienne, qui
compte 100’000 fidèles.
En tant que réformés, «nous pensons que nous avons à apporter une
perspective différente de celle des catholiques, mais conforme à la pensée
de l’homme contemporain, note B. Tranda. Et si la collaboration oecuménique
est encore balbutiante, observe-t-il, en faisant préalablement remarquer
que sous le régime communiste et jusqu’aux années 70, toute coopération
oecuménique avec les catholiques était interdite par l’Etat, deux comités
de dialogues oecuménique existent aujourd’hui.
Oecuménisme mis à mal
Le pasteur polonais s’exprime également sur les relations Eglise/Etat en
Pologne. «Les catholiques, dit-il, voient d’un très mauvais oeil la séparation Eglise/Etat, qu’ils imaginent voulue par les communistes pour supprimer les Eglises. Ce qui est faux. Nous savons que la séparation est une
idée apportée par la Révolution française et non par la Révolution communiste».
Professeur de théologie, le Roumain Gereb Zsolt a pour sa part relevé
qu’on assiste aujourd’hui à une «explosion de la vie religieuse» dans son
pays. Il déclare que les contacts oecuméniques entre réformés et l’Eglise
orthodoxe, majoritaire en Roumaine, en sont aujourd’hui au point mort. Selon lui, «l’Eglise orthodoxe a ouvertement soutenu le régime communiste et
nous a laissé à l’écart». Aujourd’hui, la «fracture est politique». De son
point de vue, «la question nationale empoisonne les relations et le processus de réconciliation avec l’Eglise orthodoxe».
A noter qu’une part (30%) des salaires des ministres réformés est prise
en charge par l’Etat.
L’EPER soutient par de nombreux programmes ses partenaires en Europe de
l’Est. Cette année, la campagne d’automne qu’elle mène avec le Département
missionnaire est axée sur les conséquences de la chute du mur de Berlin.
(apic/spp/pr)




