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Ex-URSS: Des chrétiens et des musulmans décident de coopérer (301095)
Lutter contre le fanatisme et l’arrivée massive des sectes
Genève, 31octobre(APIC) L’Eglise orthodoxe russe et des dirigeants religieux musulmans de cinq républiques d’Asie centrale ont fait oeuvre de
pionniers en parvenant à un accord sur la coopération interconfessionnelle.
Des musulmans et des chrétiens de cinq républiques majoritairement musulmanes de l’ex-Union Soviétique (Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan,
Tadjikistan, et Turkménistan) ont accepté de dialoguer et de coopérer, en
particulier pour contrecarrer l’influence de l’extrémisme au sein des communautés religieuses et les efforts déployés par des sectes et des groupes
religieux étrangers.
Cette rencontre, tenue à Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan, du 9 au
12 octobre, a été applaudie par les dirigeants religieux comme un événement
majeur, la première réunion de la sorte en Asie centrale. L’initiative en
revient à l’archevêque orthodoxe russe Vladimir, de Tachkent et de l’Asie
centrale. Les dirigeants musulmans des cinq républiques ont tous répondu
positivement à cette invitation.
«Une réunion de dirigeants religieux aussi représentative et de si haut
niveau est exceptionnelle», a confirmé à l’agence ENI Tarek Mitri qui a
participé à la rencontre en tant que représentant du Conseil oecuménique
des Eglises (COE).
Selon T. Mitri, «sous le régime soviétique, les deux communautés musulmane et chrétienne vivaient dos-à-dos sous le communisme. Maintenant elles
vivent face-à-face dans un contexte où l’identité religieuse a une signification plus profonde.»
Les cinq républiques comptent une majorité de musulmans, et un nombre
important de Russes de souche, qui appartiennent pour la plupart à l’Eglise
orthodoxe russe. La présence russe est généralement perçue comme un grand
avantage. «Les républiques veulent que leurs ’Russes’ restent. Elles souhaitent éviter une ’fuite des cerveaux’car les Russes ont des compétences
professionnelles et techniques très recherchées. Cela explique en partie le
succès du dialogue de Tachkent. Les musulmans désirent que les Russes se
sentent chez eux.»
«Les deux religions tirent leur force de la renaissance de l’autre,» remarque T. Mitri. «Habituellement, la renaissance est considérée par les autres comme une menace, mais ici les deux sont déterminées à lutter contre
le fanatisme et le sectarisme dans leurs rangs.»
Les discussions de Tachkent ont porté notamment sur l’arrivée de nouveaux groupes religieux. Les responsables musulmans et orthodoxes considèrent comme un danger la venue de ces groupes, qui couvrent un large éventail de croyances religieuses: adventistes du septième jour, témoins de Jéhovah, baptistes, méthodistes, mormons, groupes chrétiens évangéliques,
adeptes de Hare Krishna, et autres. «Les gouvernements de la région ne savent pas comment régler ces problèmes, aussi enregistrent-ils tous les
groupes religieux,» note T. Mitri. «Ils n’ont aucune expérience du pluralisme religieux.»
Les participants à la rencontre ont décidé de mettre en place une commission chargée de suivre tout ce qui se rapporte à l’arrivée des sectes et
aux questions d’ordre interconfessionnel. «Les sectes n’ont aucun respect
pour la culture locale», relève T. Mitri. Elles savent que la connaissance
religieuse des gens n’est pas profonde, et elles exploitent cette ignorance.» (apic/eni/mp)



