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Nicaragua:Le cardinal Obando dément (041096)

les contacts entre le Vatican et la CIA

Accusé d’avoir reçu de l’argent des services secrets américains

Managua, 4octobre (APIC) Le cardinal Miguel Obando Bravo, archevêque de

Managua a démenti dans la capitale nicaraguayenne que le Vatican ait eu des

échanges d’information réguliers avec la CIA durant la guerre menée par les

rebelles de la «contra» contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua. Les

«contras» étaient pour l’essentiel financés, armés et dirigés par les services secrets américains, de l’aveu même des officiels américains.

Le cardinal Obando, dans un communiqué publié jeudi à Managua, conteste

les affirmations contenues dans le récent livre du célèbre journaliste du

«Washington Post» Carl Bernstein, qui a dévoilé l’affaire du «Watergate»,

et le vaticaniste italien Marco Politi.

Dans leur ouvrage «Sa Sainteté, qui parle de «Jean Paul II et l’histoire

cachée de notre temps», les deux journalistes parlent d’une «sainte alliance» anticommuniste entre le pape Jean Paul II et le président américain

d’alors, Ronald Reagan. Ce dernier avait déclenché une cruelle «guerre de

basse intensité» contre le Nicaragua, qui a coûté la vie à des dizaines de

milliers de personnes.

Bernstein et Politi prétendent que William Casey, le «pieux catholique»

chef de la CIA, qui fréquentait la messe tous les jours, a été reçu par le

pape juste après l’arrivée au pouvoir de Reagan, au début des années 1980.

Reagan affirmait vouloir lutter contre «l’empire du mal», c’est-à-dire contre le communisme, notamment en soutenant les régimes autoritaires d’Amérique latine. Dans le cadre de cette «sainte alliance», des sources catholiques auraient livré de précieuses informations en provenance du camp communiste.

Dans ce cadre, le cardinal Obando Bravo a été à plusieurs reprises accusé d’avoir reçu d’importantes sommes d’argent en provenance des Etats-Unis

en raison de son opposition contre le gouvernement sandiniste dirigé par le

président Daniel Ortega. Le cardinal a démenti ces affirmations. Il va déposer plainte contre les auteurs du livre.

Pour réaliser leur enquête, Bernstein et Politi ont analysé des documents soviétiques qui ont été récemment ouverts au public, ont interviewé

des leaders politiques et parlé avec des «amis personnels» du pape. L’ouvrage «His Holiness» vient de sortir aux Etats-Unis à la maison d’édition

«Doubleday». Le livre paraît en italien le 8 octobre prochain et va susciter vraisemblablement des réactions et des démentis du Vatican. Le «Reader’s Digest», le journal le plus lu du monde en a déjà publié des extraits

dans son numéro d’octobre paraissant en 18 langues. (apic/kap/be)

4 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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