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apic/Nigéria/ appel des Eglises
Le Nigéria est au bord du chaos (200795)
Cri d’alarme et appel désespéré des Eglises
Genève/Lagos, 20juillet(APIC) L’Association chrétienne du Nigéria (CAN)
qui regroupe les principales Eglises du pays vient de lancer un appel désespéré pour réclamer des réformes urgentes. Aujourd’hui les Nigérians vivent
non seulement sous un régime brutal et cynique mais ils souffrent de la
faim. La déclaration transmise aux médias la semaine dernière, demande le
rétablissement d’un «gouvernement véritablement démocratique».
«La plupart des Nigérians ont faim .., réduits à chercher des restes de
nourriture dans les poubelles, dans un pays où l’agriculture est une des
richesses nationales … Tôt ou tard, nous allons devoir ramasser des cadavres de Nigérians morts de faim dans leur propre patrie», déplore l’association qui appelle le gouvernement militaire à rétablir l’ordre démocratique.
Le CAN rassemble les Eglises anglicane, catholique-romaine et protestantes. La déclaration a été signée par Mgr Anthony Okogie, archevêque catholique de Lagos et président du CAN, et par C.O. Williams, secrétaire général de l’association.
Le Nigéria connaît une situation de crise depuis l’imposition d’un régime militaire par le général Sanni Abacha en 1993. Un membre influent de
l’opposition a récemment qualifié ce régime militaire de «bien plus brutal,
bien plus cynique, et bien plus violent que tout ce que l’on avait pu connaître avant».
Pour les responsables du CAN, le gouvernement militaire a détruit ou
ruiné le système éducatif et des organismes professionnels tels que les associations de médecins, de juristes et le syndicat des journalistes du
pays.
Un pays livré au pillage
La semaine dernière, le «Guardian», quotidien de Londres, rapportait:
«Le Nigéria est livré au pillage, ceux qui détiennent les instruments de
violence se sont emparés de ses ressources nationales, et ceux qui osent
s’opposer à ce processus sont impitoyablement éliminés. Le Nigéria est devenu aujourd’hui l’exemple d’un Etat pillé à mort.»
En octobre dernier, le CAN avait déjà publié une déclaration, dans laquelle il attaquait la politique du gouvernement militaire et dénonçait «le
détournement sur une grande échelle et la mauvaise gestion des fonds publics» au «plus haut niveau».
Dans leur dernière déclaration, les dirigeants du CAN regrettent que
leur avertissement n’ait jamais été entendu. «Nos espoirs d’amélioration
ont été anéantis, et cela nous attriste et nous déçoit … La situation de
notre nation a tellement empiré que seule une intervention divine immédiate
pourrait mettre un terme aux privations dont souffrent la majorité des Nigérians», déplorent les responsables du CAN. Même si la famine menace de
nombreux citoyens, le risque imminent d’une catastrophe a cependant peu
d’effets sur ceux qui détiennent le pouvoir. «Le spectre de la famine que
nous essayons de décrire ne peut avoir aucune influence sur les tout-puissants qui sont au pouvoir», soulignent-ils, car «ils sont incapables de le
comprendre». (apic/eni/mp)




