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apic/Nigéria/Argent

Nigéria: Les Eglises dénoncent «le détournement de fonds publics»

«Situation désastreuse de la nation»

Genève, 7novembre(APIC) L’Association chrétienne du Nigéria (CAN),

représentant les Eglises anglicane, catholique-romaine et protestantes,

dénonce «le détournement sur une grande échelle et la mauvaise gestion des

fonds publics» au «plus haut niveau», et s’élève contre la politique du

gouvernement militaire du pays.

Dans une déclaration, intitulée «La situation désastreuse de la nation»

signée par Mgr Anthony Okogie, archevêque catholique-romain de Lagos et par

C.O. Williams, respectivement président et secrétaire général du CAN,

l’association déplore que le Nigéria, «où coulent le lait et le miel, où

abondent les ressources naturelles et humaines, ait pu se fourvoyer dans

une situation financière catastrophique et démoralisante».

L’association réclame la mise en place d’une nouvelle commission

officielle chargée de vérifier les allégations selon lesquelles des

milliards de dollars américains, provenant des ventes de pétrole durant la

guerre du Golfe, auraient disparu. Le mois dernier, l’expert, qui présidait

le groupe chargé d’enquêter sur la disparition des revenus du pétrole,

avait rédigé un rapport critiquant sévèrement le gouvernement avant de

quitter le Nigéria pour Londres.

Evoquant les incidents au cours desquels des fanatiques ont incendié

neuf églises à Potiskum, dans l’Etat de Yobe, et tué trois pasteurs, le CAN

appelle le gouvernement nigérian à faire respecter «efficacement» la

constitution nationale, qui garantit la liberté de culte.

En outre, le CAN rappelle que le Nigéria a cessé d’avoir un «système

cohérent en matière d’éducation» et il critique la «mainmise détestable du

gouvernement» sur les écoles gérées par les Eglises.

Plus de la moitié des 100 millions de Nigérians sont musulmans. Le pays

compte environ 40 % de chrétiens, principalement catholiques-romains,

anglicans, baptistes et méthodistes.

Le Nigéria est gouverné par un conseil provisoire depuis que le général

Sani Abacha s’est emparé du pouvoir il y un an. Le gouvernement militaire

du général Ibrahim Babangida, qui dirigeait auparavant le pays, avait

annulé les élections présidentielles, pourtant déclarées libres et

équitables par des observateurs internationaux.

La semaine dernière, la Cour suprême du Nigéria a rejeté la requête de

Wole Soyinka, lauréat du Prix Nobel de la paix, qui demandait que le

gouvernement du général Abacha soit déclaré illégal. Selon les dernières

nouvelles, alors que Wole Soyinka se trouvait à l’aéroport de Lagos, des

agents de la sécurité ont saisi son passeport des Nations Unies, et l’ont

empêché de quitter le pays.

«Le Nigéria appartient à tous les Nigérians et non à un groupe

particulier de citoyens, d’une religion ou d’une idéologie politique, qui

se croient prédestinés à occuper éternellement le pouvoir, alors que la

pauvreté réduit les autres citoyens à l’état de serfs misérables», déclare

le CAN.

La pollution et «l’amoncellement d’ordures malodorantes» ne font

qu’aggraver les problèmes causés par le manque de ressources médicales et

entraînent des morts «qui pourraient être évitées, si le gouvernement avait

accordé l’attention nécessaire aux problèmes sanitaires de notre nation».

(apic/eni/eb)

7 novembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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