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Nigeria:Jean Paul II dénonce les exécutions capitales (121195)
Rome, 12 novembre(APIC) Le pape Jean Paul II a dénoncé dimanche les neuf
exécutions capitales par pendaison, dont celle de l’écrivain nigerian Ken
Saro-Wiwa, qui ont eu lieu vendredi au Nigeria malgré des appels à la clémence venus du monde entier.
Le pape a évoqué avant la prière de l’angelus les «exécutions capitales
qui ont eu lieu vendredi au Nigeria». Le pape a souhaité que Dieu éclaire
les responsables de la nation nigeriane afin qu’ils favorisent «le dialogue
respectueux et la justice» par des mesures adéquates. C’est seulement ainsi
que l’on pourra construire une vie commune harmonieuse, estime le Souverain
pontife.
Mgr Desmond Tutu demande que le Nigeria soit exclu du Commonwealth
De son côté, le Prix Nobel de la paix Desmond Tutu, archevêque anglican
du Cap, en Afrique du Sud, a réclamé l’exclusion du Nigeria du Commonwealth
ainsi qu’une série de sanctions contre ses chefs militaires s’ils refusent
de se conformer à certaines conditions, d’ici à la fin de l’année.
Cet appel intervient après la vague de protestations soulevée dans le
monde et en particulier dans les pays du Commonwealth, par la condamnation
à mort prononcée contre l’écrivain Ken Saro-Wiwa et huit autres accusés,
tous membres du Mouvement pour la survie du peuple ogoni.
Le 31 octobre, un tribunal d’exception, mis en place par le gouvernement
nigerian, avait déclaré l’écrivain, âgé de 54 ans, coupable du meurtre de
quatre personnes lors d’un rassemblement politique en mai 1994. Selon K.
Saro-Wiva, qui avait affirmé avoir été victime d’un coup monté, les troupes
du gouvernement étaient responsables de ces assassinats. Le 8 novembre, le
gouvernement nigerian a confirmé l’ordre d’exécution de la sentence, en dépit des protestations de la communauté internationale, sentence exécutée
vendredi.
«Depuis ma rencontre en avril avec le général Sani Abacha, leader du
gouvernement militaire nigerian, et Moshood Abiola, emprisonné mais démocratiquement élu à la tête du pays, je suis de plus en plus convaincu qu’un
renforcement des pressions internationales est nécessaire, et ceci dans
l’intérêt du peuple nigerian», affirme Desmond Tutu. L’archevêque sud-africain demande que le Nigeria soit exclu du Commonwealth et que ce dernier
envisage l’imposition de sanctions globales, dans les domaines économique,
sportif et culturel, contre le régime militaire en place à Lagos. (apiceni/cic/as/be)



