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apic/Nigéria/ Ogoni
Nigéria: La répression contre les Ogoni continue (080197)
En lutte contre l’exploitation pétrolière de leur territoire
Lagos/Genève 8janvier (APIC) «Dans les faits, le territoire Ogoni, au Nigéria, est encore en état de siège. Les actes d’intimidation, les viols,
les arrestations, les tortures, les fusillades et les pillages perpétrés
par les soldats se poursuivent.» Telle est la principale conclusion du rapport publié par Deborah Robinson, pour le compte du du Conseil oecuménique
des Eglises (COE). Depuis les années 70, les Ogoni luttent contre l’exploitation pétrolière de leur territoire qui a causé de terribles ravages à
leur environnement.
Dans la préface à cette publication, le pasteur Sam Kobia, directeur de
l’Unité III «justice, paix et création» du COE, souligne que le cas des
Ogoni est révélateur du «malaise socio-politique» qui frappe l’ensemble du
Nigéria. Les Ogoni ont osé défendre leurs droits «au péril de leurs vies»
et ce sont eux qui «ont payé le plus lourd tribut à la répression militaire». Le rapport, écrit M. Kobia, est fondé sur des «preuves solides et
non sur de la simple propagande». En effet, ces preuves sont apportées par
des témoins directs de marées noires, de pollutions, et d’explosions de
gaz, témoins qui ont vu les pipelines qui sillonnent le territoire en tout
sens, observé la forte présence militaire, et reccueillis les récits des
habitants dont les vies sont affectées par ces faits.
Les actions en justice intentées par les Ogoni contre la Shell Petroleum
Development Corporation et les recours de cette dernière sont en cours
d’examen. Elles portent sur la pollution, les accidents, les réparations et
sur la poursuite ou non de l’exploitation pétrolière dans la région. A plusieurs reprises, le rapport met en question la version des faits donnée par
la compagnie Shell, par exemple concernant la marée noire de 1970 à Ebubu.
Le rapport apporte en outre un compte rendu détaillé du rôle joué par
les autorités nigérianes dans l’oppression du peuple Ogoni, et présente des
témoignages d’arrestations, de passages à tabac et de tortures. Deborah
Robinson a entendu de nombreux récits d’actes de harcèlement et d’arrestations de responsables d’Eglises; un pasteur a déclaré qu’il arrivait qu’on
leur indique le sujet de leurs prédications et de leurs prières.
Parmi ses 28 recommandations, le rapport appelle le gouvernement nigérian à rétablir la démocratie, à relâcher les 19 Ogonis détenus et tous les
prisonniers politiques et à présenter, en vue de funérailles décentes, les
corps des 9 Ogoni exécutés en novembre 1995 et parmi lesquels figurait le
célèbre Ken Saro-Wiwa.
Le texte exhorte aussi la compagnie Shell à assumer la responsabilité de
la marée noire d’Ebubu, à nettoyer les pollutions actuelles et à permettre
une inspection indépendante de ses activités de nettoyage. La Compagnie est
également appelée à faire pression sur le gouvernement nigérian pour qu’il
garantisse la liberté de mouvement et d’association en territoire Ogoni et
respecte les droits de l’homme. (apic/eni/mp)
Deborah Robinson: «Ogoni – The Struggle continues», en anglais seulement,
Genève, 1996, Unité III «justice, paix et création» du COE



