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apic/Noël/ Mgr Danneels

Bruxelles: «Espérer?» brochure de Noël du cardinal Danneels (131295)

Ouvrir les horizons d’une «société dépressive»

Bruxelles, 13décembre(APIC) «Espérer?» Le titre de la brochure de Noël du

cardinal Danneels résume la grande interrogation de cette fin de siècle.

L’archevêque de Malines-Bruxelles, au vu de multiples signes d’une «société

dépressive», lui découvre une grave déficience cardiaque. Faute d’espérance, on manque de tonus, même dans l’Eglise. Sans s’attarder au constat, le

cardinal propose en 48 pages diverses pistes pour explorer un chantier qui

reste «ouvert».

«Si l’économie est malade, si l’ordre mondial est plein d’injustices, ce

sont d’abord les être humains qui sont malades et déboussolés.» La crise

actuelle ne tiendrait-elle pas, au fond, à «un vide intérieur?» s’interroge

le cardinal. Un vide d’autant plus difficile à combler que, lorsqu’une société «n’a plus d’idéaux vers lesquels se tourner», chacun est renvoyé à

lui-même comme s’il était «son propre dieu», «son propre législateur».

La société ne manque pas de «lumières» pour les êtres désorientés, mais

souvent il s’agit d’une «lanterne qui s’éteint au premier coup de vent» ou

de «feux follets». Pour le cardinal Danneels, l’issue ne peut venir de

«thérapies de type court», sans réflexion ni effort personnel. Et la force

d’une expérience religieuse n’est pas, à elle seule, une garantie.

Le chapitre de l’espérance au XXe siècle reste encore à écrire, selon le

cardinal: c’est toujours «une terre en friche». L’espérance chrétienne, ne

se ramène pas à l’utopie, car «elle ne s’appuie pas sur l’homme, mais sur

les promesses de Dieu» et sur leurs réalisations perçues en des «événements

historiques». Loin de dispenser le chrétien d’un engagement pour un monde

meilleur, le regard porté sur Dieu l’empêche de considérer les réalisations

humaines comme «l’accomplissement dernier de ce qu’il peut espérer».

Le cardinal Danneels invite à marcher dans l’espérance «d’un pas décidé», en misant sur «la Parole de Dieu», qui peut ouvrir sur «un ciel nouveau et une terre nouvelle». La résurrection de Jésus est déjà «le gage et

la confirmation» de cet avenir. Pour garder l’équilibre sur la route, quelques repères sont proposés; ils associent l’espérance à la foi et à

l’amour, à l’éveil dans la prière, à l’engagement et à la fidélité, à l’ouverture aux autres et sur la société, à la prévoyance. L’espérance, note

l’archevêque, ne saurait se satisfaire de la naïveté idéaliste: «Tout va

s’arranger!»; pas plus que du volontarisme: «Aide-toi et le ciel t’aidera!»; ou de la moralisation: «Ah ! si on priait davantage!». (apic/cip/mp)

Godfried Danneels: «Espérer?», Bruxelles , 1995, 48 p. collection «Paroles

de vie» no 29, disponible auprès du Service de Presse de l’Archevêché, Wollemarkt 15 – B 2800 Mechelen (tél. 00-32-15/21.65.01; fax

00-32-15/20.94.85)

13 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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