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apic/Nordeste brésilien/Arrestation d’un prêtre/Conflits de la terre/CPT
Brésil:Occupation d’une fazenda par des paysans sans terre (301195)
Un prêtre catholique derrière les barreaux
Joao Pessoa, 30 novembre(APIC) Un religieux franciscain brésilien, le Père
Anastacio Ribeiro, se trouve depuis mardi derrière les barreaux à Joao Pessoa, une ville du Nordeste brésilien, sous l’accusation d’association de
malfaiteurs. Engagé dans la lutte des paysans sans terre, le prêtre catholique s’est vu reprocher par la justice locale d’avoir formé une association criminelle. La Commission pastorale de la terre (CPT) a qualifié le
Père Ribeiro de «prisonnier politique».
L’évêque de Paraiba, Mgr José Maria Pires, la CPT – une institution soutenue par la Conférence nationale des évêques du Brésil – et diverses organisations brésiliennes ont dénoncé cette arrestation qui s’inscrit dans les
conflits de la terre qui déchirent les campagnes brésiliennes depuis des
années. Au moins cinq millions de paysans demeurent privés de terre au Brésil, alors que de nombreuses fazendas disposent d’immenses étendues de terres non cultivées. La Constitution brésilienne prévoit pourtant la distribution de terres aux petits paysans. L’Eglise catholique brésilienne soutient en de nombreux endroits les occupations de terre.
L’arrestation du religieux franciscain a eu lieu à la suite d’une visite, la semaine dernière, à des familles qui occupent une fazenda. Le Père
Ribeiro les a rencontrées à la demande de la CPT, dont il est le responsable à Joao Pessoa, capitale de l’Etat de Paraiba.
Une justice aux ordres des grands propriétaires terriens
Récemment, le P. Ribeiro avait dénoncé devant une commission parlementaire le fait que la justice prenne unilatéralement le parti des grands
propriétaires terriens. Il avait également déploré les actions violentes
entreprises par la Police militaire brésilienne contre les familles de paysans sans terre. Plusieurs membres du Mouvement des Sans Terre, qui luttent
pour la réalisation des promesses jamais tenues de réforme agraire, ont été
arrêtés ces dernières semaines. Ils ont été ensuite libérés, mais sont toujours accusés d’avoir formé une «association criminelle». (apic/kna/be)



