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Rome: le Saint-Siège et l’OLP nouent des relations «stables et officielles»
Délégation de l’OLP reçue au Vatican (251094)
Rome, 25octobre(APIC) Une délégation de l’Organisation de la Libération
de la Palestine (OLP), conduite par Abdul Lateef Abu Hijeh, directeur de
son bureau politique, a rencontré mardi Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire
pour les rapports avec les Etats et numéro 2 de la Secrétairerie d’Etat.
Cette visite, qui fait suite à plusieurs rencontres entre le pape et Yasser
Arafat, avait pour but de concrétiser des «relations stables et officielles» entre le Saint-Siège et l’OLP, après l’établissement de relations diplomatiques décidées par le Vatican et Israël.
La rencontre, précise un communiqué conjoint, a permis de conclure une
série de pourparlers entamés il y a plusieurs mois et dont l’objectif principal est de «renforcer une coopération mutuelle» entre le Saint-Siège et
l’OLP «en tant que représentante du peuple palestinien».
Il a été décidé de donner «un caractère permanent et officiel à tous les
contacts de travail fructueux qui existent déjà depuis longtemps». L’OLP
«ouvrira donc un bureau de représentation au Saint-Siège, avec un directeur
propre», précise le communiqué, tandis que le nonce apostolique en Tunisie
sera responsable des contacts avec les dirigeants palestiniens, cela afin
de «poursuivre le développement des relations mutuelles, de l’entente et de
la coopération».
Les deux parties «sont convaincues que leur décision portera ses fruits
entre le Saint-Siège et le peuple palestinien tout entier» et donnera à
l’Eglise catholique «la possibilité d’apporter son soutien spirituel, éducatif et social en faveur des catholiques palestiniens et des Palestiniens
en général, sans distinction et où qu’ils soient».
L’ouverture du dialogue a aussi pour but de «permettre aux deux parties
de contribuer conjointement à la recherche de la paix et de la justice au
Moyen-Orient». Il veut être «en particulier un élément d’encouragement et
d’espoir en une période délicate et complexe de l’histoire pour le peuple
palestinien, qui multiplie ses efforts pour obtenir des droits inaliénables
par sa liberté et son indépendance».
Les deux parties se sont aussi engagées à coopérer, «chacune selon ses
moyens et caractéristiques propres et selon ses responsabilités, pour la
préservation des valeurs culturelles et religieuses des peuples de la région, qui appartiennent bien à la Terre Sainte et particulièrement à la
Ville Sainte de Jérusalem». Ils oeuvreront «en accord avec la législation
internationale et avec les résolutions des Nations-Unies, en particulier du
Conseil de Sécurité et de l’UNESCO».
Des relations «stables» et «officielles»
Abdul Lateef Abu Hijeh était accompagné de Zuhdi Tarazi et de Nemer Hammad, tandis que Mgr Tauran était assisté de deux collaborateurs de la Secrétairerie d’Etat, Mgr Claudio Celli, sous-secrétaire pour les relations
avec les Etats, et de Mgr Luigi Gatti, conseiller de nonciature.
Comme l’a expliqué le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, J.
Navarro Valls, la rencontre de mardi est la conclusion d’une série de colloques dans lesquels on a cherché le meilleur moyen de donner un caractère
«permanent» et «officiel» aux contacts de travail entretenus depuis
plusieurs années. Il ne s’agit pas de relations diplomatiques proprement
dites, mais de relations «stables et officielles», d’un instrument pratique
pour atteindre des buts «d’intérêt commun entre les deux parties» et «d’intérêt général pour les peuples de la région». Bref, d’un «canal permanent
officiel» pour continuer à développer les relations mutuelles.
Le porte-parole du Saint-Siège a rappelé à cette occasion que le SaintSiège n’a pas changé d’attitude face aux réalités du Moyen-Orient, qui n’a
pas encore trouvé à ce jour un règlement adéquat: la situation du peuple
palestinien, la question d’un statut approprié pour la ville sainte de Jérusalem, la situation au Liban, une juste solution pour les questions territoriales existant dans la région.
Les précédents contacts
Rappelons que Yasser Arafat a été reçu par Jean-Paul II à trois reprises: le 15 septembre 1982, le 20 décembre 1988 et le 6 avril 1990 et que le
Saint-Siège a noué des contacts avec l’OLP en 1992, au moment de la normalisation de ses relations avec Israël. Le 23 décembre de cette année là,
Mgr Tauran avait reçu au Vatican Farouk Kadoumi, ministre palestinien des
Affaires Etrangères. Les deux interlocuteurs avaient notamment évoqué la
mise en place d’une commission permanente de travail, sur le modèle de celle qui avait été constituée l’été précédent entre le Saint-Siège et l’Etat
d’Israël.
Le 17 janvier dernier, une délégation de l’OLP avait déjà rencontré Mgr
Tauran à la Secrétairerie d’Etat après avoir été reçue par Mgr Celli, en
présence de Mgr Gatti. Le colloque «long et cordial», qui marquait le début
de «contacts plus fréquents et moins informels», avait été consacré surtout
à «examiner la situation de la Terre Sainte suite aux négociations de paix
et de réaffirmer la position connue du Saint-Siège sur Jérusalem». Il est
notoire que les Palestiniens venaient surtout demander la création d’une
commission bilatérale permanente entre le Vatican et l’OLP, au lendemain
d’accord entre le Saint-Siège et Israël jugé par eux inopportun. Accord
«ayant été signé juste au moment où les négociations entre Juifs et Palestiniens étaient dans l’impasse».
En juin dernier, l’OLP avait déjà annoncé, par la voix de son représentant en Italie, Nemer Ammad, l’ouverture prochaine d’une représentation palestinienne auprès du Saint-Siège. Début septembre, Jean-Paul II avait confirmé devant les évêques de rite latin des régions arabes, qu’il recevait
en audience, que le Saint-Siège, après avoir établi des relations diplomatiques avec Israël et avec la Jordanie, s’apprétait à faire de même avec la
Palestine.(apic/jmg/pr)




