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Russie: l’Eglise orthodoxe russe prête à se retirer du COE et de la KEK
Fortes pressions de la Commission théologique de l’instance dirigeante
Moscou, 1erdécembre(APIC) La Commission théologique de l’instance dirigeante de l’Eglise orthodoxe russe, le Synode, recommande à cette Eglise de
se retirer du Conseil oecuménique des Eglises et d’autres organisations oecuméniques pour protester contre les continuelles «intrusions missionnaires» d’Eglises non orthodoxes en Russie, apprend-on de l’Agence ENI.
Selon un membre de la commission – il a un rôle consultatif et a fait
cette recommandation à l’issue d’une réunion tenue à Moscou en novembre la décision finale dépendra des consultations avec d’autres Eglises orthodoxes hors de Russie. Le prêtre orthodoxe russe Aleksander a précisé que la
recommandation serait débattue lors d’une réunion du Synode, le samedi 3
décembre.
Selon l’hebdomadaire «Russkaya Mysl», publié à Paris le 29 novembre, la
Commission théologique a appelé l’Eglise à se retirer du Conseil oecuménique des Eglises (COE) et de la Conférence des Eglises européennes (KEK),
dont le siège est à Genève, ainsi que du Conseil oecuménique de la jeunesse
en Europe. Le COE compte 324 Eglises membres protestantes et orthodoxes
dans le monde et la KEK 118 Eglises membres protestantes et orthodoxes en
Europe.
«Russkaya Mysl» précise cependant que la Commission a également mis en
garde contre des «décisions unilatérales» de l’Eglise russe à cet égard, et
souligné l’importance de maintenir des «relations fraternelles» avec d’autres Eglises du mouvement oecuménique. L’hebdomadaire ajoute que l’avenir
de l’engagement oecuménique de l’Eglise russe sera débattu lors du conseil
spécial des évêques orthodoxes russes, qui s’est ouvert à Moscou le 29 novembre et qui durera 5 jours.
Plus de 120 évêques de diocèses orthodoxes en Russie et à l’étranger
participent à cette réunion du Conseil, la première depuis juin 1992.
Climat passionné
Selon des sources ecclésiastiques de Moscou, la réunion se déroule dans
un «climat passionné» en raison des pressions exercées par «l’aile radicale
conservatrice» de l’Eglise pour freiner les activités des «groupes réformistes».
Ces sources précisent que des activistes conservateurs du Mouvement de
la Fraternité orthodoxe ont demandé aux évêques, lors d’une conférence antérieure, de défroquer deux prêtres populaires de Moscou, Aleksander Borisov et Gyorgy Kochetkov, en raison de leur enseignement théologique et liturgique «libéral».
Toute proposition visant à diminuer l’engagement oecuménique de l’Eglise
orthodoxe russe pourrait avoir le soutien des conservateurs et de l’Eglise
orthodoxe russe hors frontières, laisse-t-on entendre à Moscou.
Pour le père Aleksander, la proposition de la Commission théologique visant au retrait de l’Eglise des organisations oecuméniques, si elle était
approuvée, n’impliquerait pas nécessairement un retrait total. Il a souligné que la commission avait recommandé que l’Eglise orthodoxe russe garde un
statut d’observateur auprès des organisations oecuméniques.
«Toutefois, dit-il, la discussion de cette option est en cours depuis un
certain temps et la nécessité de prendre une décision ferme se fait sentir.
Le désir de diminuer l’engagement de notre Eglise est suscité par l’activité missionnaire de nos partenaires oecuméniques qui se poursuit en dépit de
toutes nos demandes et avertissements».
Le prêtre a ajouté que la Commission théologique n’avait pas reçu des
indications précises sur les intentions des autres Eglises orthodoxes. Même
si au moins quatre Eglises orthodoxes se sont récemment engagées à poursuivre leur participation au sein des organismes oecuméniques, il faut comprendre, a-t-il fait remarquer, que «la situation en Russie est différente».
Libre de décider…
Les activités de certaines Eglises non orthodoxes en Europe orientale
depuis la chute du communisme ont engendré des tensions avec les Eglises
orthodoxes traditionnelles locales en de nombreux pays de la région. Toutefois une partie de cette tension a été causée par la présence d’Eglises non
traditionnelles qui ne sont pas membres du COE ni de la KEK.
Selon un responsable orthodoxe d’Europe occidentale, toute Eglise orthodoxe est libre de décider de rester ou non membre des organisations oecuméniques. Le dernier grand débat sur l’oecuménisme parmi les Eglises orthodoxes a eu lieu durant la Troisième conférence préconciliaire, tenue à Chambésy, en Suisse, en 1986, lorsque les Eglises orthodoxes ont réaffimé leur
détermination de poursuivre leur participation au sein du mouvement oecuménique, en dépit de critiques concernant certains aspects du travail du COE.
(apic/eni/pr)



