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Ouganda: Le cardinal Wamala exhorte les ougandais (050195)

de ne pas partir en guerre contre le gouvernement.

Kampala, 5janvier(APIC) Le cardinal ougandais Emmanuel Wamala, a appelé

les opposants au président Yoweri Museveni à abandonner l’idée d’engager

une guérilla contre le gouvernement.

«Il n’est pas nécessaire que les Ougandais partent en guerre pour

obtenir une nouvelle constitution», a déclaré le cardinal lors d’un sermon

prononcé dans la cathédrale de Kampala. «Ceux qui lancent cette menace ne

sont que des égoïstes», a-t-il ajouté.

Le cardinal Wamala, âgé de 70 ans, a nommément cité le Mouvement de

jeunesse du Buganda qui s’était déclaré prêt à lutter pour obtenir un

statut de fédération pour le Royaume du Buganda, dont les Bagandas

composent le plus grand groupe ethnique de l’Ouganda.

Ceux qui menacent de partir en guerre, a dit le cardinal, exploitent la

situation. L’archevêque a exhorté les 280 délégués à l’Assemblée

constituante à débattre de la nouvelle constitution du pays, à respecter

les vues de tous et à s’abstenir de ridiculiser les autres. Le cardinal

Wamala a souligné qu’une nouvelle constitution devrait, pour apporter des

changements en Ouganda, garantir la priorité des droits de la personne

humaine.

Lorsque Yoweri Museveni a prêté serment en janvier 1986 après avoir été

à la tête d’un mouvement de guérilla pendant cinq ans, il a promis que le

gouvernement de son parti, le Mouvement de résistance nationale, céderait

le pouvoir après la promulgation d’une constitution acceptée par tous les

Ougandais.

L’Assemblée constituante doit décider de l’établissement d’un système

fédéral de gouvernement ou d’une structure plus décentralisée, et de

l’adoption d’une démocratie multipartite ou d’un arrangement plus souple.

Le président Museveni, ainsi que plusieurs ministres, se sont

publiquement prononcés en faveur d’un système décentralisé qui, selon eux,

favoriserait l’unité et la stabilité. Dans un message adressé à l’assemblée

constituante, les évêques catholiques romains ont réclamé un système

fédéral de gouvernement qui donnerait une certaine autonomie aux régions et

assurerait la protection de la culture locale.

Les Bagandas réclament, quant à eux, un système fédéral qui rétablirait

l’ancien souverain (kabaka) du Royaume du Buganda. Des membres de tribus

plus petites voudraient d’un gouvernement décentralisé. (apic/eni/eb)

5 janvier 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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