Pakistan: vives protestations des Eglises après le meurtre d’un chrétien

apic/Pakistan

Les responsables chrétiens interviennent auprès du gouvernement du Pendjab

Lahore, 4mai(APIC) Dans un document remis en mains propres au Premier ministre du Pendjab pakistanais, cinq évêques catholiques et protestants ont

protesté contre le meurtre d’un chrétien, le 5 avril dernier, alors qu’il

sortait du tribunal où il était jugé pour «blasphème contre le prophète».

Récemment reçus par le Premier ministre, les leaders chrétiens demandaient que les assassins de Manzoor Masih soient arrêtés, désarmés et «que

pour la sécurité des citoyens, soient bannies les organisations sectaires

terroristes».

En présence des évêques, informe «Eglises d’Asie», le Premier ministre

du Pendjab pakistanais a téléphoné à la police et donné l’ordre d’arrêter

sur le champ les coupables. Ces derniers avaient été reconnus par l’une des

victimes de la fusillade. Dans leur lettre, les représentants des Eglises

chrétiennes faisaient en effet remarquer que les meurtriers n’avaient toujours pas été arrêtés, alors que la police pouvait aisément le faire.

Les responsables des Eglises ont en outre rappelé que «la loi est utilisée à tort et à travers et sans pitié, non seulement pour régler des comptes personnels, mais aussi comme instrument de persécution contre les chrétiens et les autres minorités religieuses».

Le meurtre de Manzoor Masih n’avait donné lieu à aucune déclaration de

la part du gouvernement pakistanais, du Premier ministre et du gouverneur

du Pendjab. D’où la remarque des évêques contenue dans la lettre faisant

valoir que les chrétiens en concluent qu’ils ne sont pas protégés par la

loi du pays et que leurs droits fondamentaux ne sont pas garantis en dépit

des promesses faites par les gouvernements successifs.

«Combien de temps allons-nous devoir pleurer nos morts dans cet Etat du

Pakistan, où le terrorisme, au nom de l’islam, prend des proportions graves… Les ennemis de la société prennent la loi entre leurs mains. Les

vies et les propriétés des personnes appartenant aux minorités religieuses

ne sont plus en sécurité dans ce pays», concluent les évêques. (apic/edapr)

4 mai 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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