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apic/Palestiniens Orthodoxes/Jérusalem

Jérusalem: Vent de fronde parmi les Palestiniens orthodoxes (171094)

Mettre fin à la prédominance des moines grecs dans la hiérarchie ecclésiale

Jérusalem/Paris, 17octobre(APIC) Un vent de fronde souffle parmi les Palestiniens orthodoxes, qui demandent instamment une arabisation de leur

hiérarchie ecclésiale. Depuis 1534 en effet, aucun Arabe n’a pu devenir patriarche de Jérusalem, se plaignent depuis plusieurs années les Palestiniens de confession grecque orthodoxe. Qui dénoncent la prédominance des

moines grecs au sein de la hiérarchie et de graves malversations dans la

gestion de l’important patrimoine du Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem.

Contrairement aux Palestiniens chrétiens de rite latin ou byzantin, qui

ont arabisé leur hiérarchie depuis un certain temps, les évêques orthodoxes

sont toujours choisis uniquement parmi la centaine de moines grecs de la

Confrérie du Saint-Sépulcre qui a pour tâche de garder les Lieux Saints.

Selon le Comité d’initiative arabe orthodoxe, qui lutte contre l’emprise

exagérée des moines grecs, ces derniers montrent peu d’intérêt pour les besoins de la communauté autochtone constituée, d’après ses dires, de quelque

200’000 Palestiniens. Les statuts de 1958, qui donnaient aux Palestiniens

un droit de regard dans les affaires du Patriarcat, sont restés lettre morte.

Selon Marwan Toubasi, un pharmacien orthodoxe de Ramallah, la hiérachie

grecque contrôle entièrement la gestion des biens du Patriarcat, et aucune

information à ce sujet n’est accessible. Ces propriétés sont le plus souvent laissées à l’abandon et tombent ainsi sous le coup de la législation

israélienne qui stipule que les autorités civiles peuvent disposer de tout

lieu inhabité. Certains terrains ont même été vendus ou loués au gouvernement israélien sans que la communauté arabe orthodoxe n’ait donné son accord ou ait été informée.

Jamais aucune indication n’a filtré sur l’utilisation des capitaux provenant de ces transactions, déplore M. Toubasi, qui parle de probables détournements de fonds. Il estime que, de toute façon, le Patriarcat orthodoxe, dont le chef est le patriarche de Jérusalem Diodoros Ier, montre peu

d’intérêt pour les problèmes de la communauté orthodoxe autochtone dont la

situation s’est fortement dégradée depuis 25 ans en raison de la paupérisation et de l’exil de ses membres. Sur les six écoles qu’elle possédait

avant 1967, seules trois sont encore en fonction, affirme-t-il.

L’estimation et la liste du patrimoine foncier et immobilier du Patriarcat orthodoxe de Jérusalem n’ont jamais été publiées, mais selon certaines

sources, cette fortune peut être chiffrée en millions de dollars. En Israël

et dans les territoires occupés, le Patriarcat possède en biens propres 45

églises et 38 monastères avec les bâtiments et les terrains attenants. Rien

qu’à Jérusalem, il est propriétaire de 4 immeubles servant à héberger les

pèlerins, 84 maisons ou immeubles de rapport dans la vieille ville et autant dans les quartiers environnants, ainsi que 353 boutiques louées à des

commerçants. Sans compter d’autres propriétés dans différents endroits du

pays. (apic/sop/be)

17 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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