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apic/Pape/Afrique du Sud

Afrique du Sud: Le pape célèbre la fin de l’apartheid (170995)

Messe, couleurs et chants pour une fête célébrée dans l’enthousiame

Johannesburg, 17septembre(APIC) Le pape Jean Paul II s’est livré à un

plaidoyer en faveur de la justice, de la paix – son thème préféré durant ce

11e voyage en terre africaine – dans son homélie prononcée au cours de la

messe célébrée dimanche matin à l’hippodrome de Germiston, à Johannesburg,

en présence d’une foule estimée entre 100’000 et 400’000 personnes selon

les sources, dont le chef de l’Etat, Nelson Mandela. Le pape, qui a continué à célébrer la fin de l’apartheid, y a notamment présenté la démocratie

sud-africaine comme un modèle pour le continent africain et même pour le

monde entier.

Nelson Mandela avait accueilli son illustre visiteur samedi après-midi à

l’aéroport de Johannesburg. Pour le pape, qui a salué dans son premier discours la jeune démocratie qu’est aujourd’hui l’Afrique du Sud, il s’agissait de son premier voyage officiel dans ce pays. Jean Paul II n’ayant jamais accepté de s’y rendre tant que perdurerait le système de l’apartheid.

La messe célébrée dimanche matin, a été l’occasion d’un vaste bain de

foule pour Jean Paul II, ainsi qu’il les affectionne au milieu des chants

africains, des costumes aux couleurs bigarrées, et même au son d’une danse

zoulou. Un chanteur avec un costume en peaux de bêtes a chanté les louanges

du pape. Il lui a demandé de bénir l’Afrique du Sud pour que cessent les

violences. La cérémonie s’est déroulée au son des tambours et des chants

traditionnels.

Dans son homélie, Jean Paul II a dit de l’Afrique du Sud d’aujourd’hui

qu’elle était un modèle pour l’ensemble du continent et même du monde entier. Dénonçant avec vigueur le racisme ainsi que les préjugés ethniques,

il a dit son espoir de voir le dialogue et la paix prendre le pas sur la

violence dans le continent africain.

L’Eglise est réconfortée

«L’Eglise entière est réconfortée et partout les gens se réjouissent du

changement qui a eu lieu en Afrique du Sud ces dernières années. En voyant

ce qui est en train de se passer ici, les hommes et les femmes de bonne volonté espèrent qu’en d’autres parties de ce continent également, et à travers le monde, la violence fera place au dialogue et à la concorde», a déclaré le pape.

Reprenant l’un des thèmes centraux développés au cours de son voyage de

six jours en Afrique – qui a débouté par une visite au Cameroun et doit

s’achever au Kenya -, le pape a appelé la communauté internationale à fixer

son attention sur les moyens d’apaiser les souffrances que connaissent des

Etats africains. Pour la première fois depuis le début de son voyage, il a

ainsi évoqué les difficultés que rencontrent certains pays comme le Rwanda,

le Burundi, le Soudan et l’Algérie et «jusqu’à récemment» l’Afrique du Sud

«en raison de l’apartheid».

Le pape a ensuite lu un message biblique de paix à l’adresse des SudAfricains, qu’il a appelés le «peuple arc-en-ciel», en anglais, afrikaans,

zoulou, sesotho et xhosa. Le président Mandela et son prédécesseur, Frederik De Klerk, l’ont écouté assis côte à côte près de l’autel.

Hommage aux femmes

Pour la construction de cette paix, de ce dialogue, le pape compte beaucoup sur les femmes, premières victimes des injustices et des conflits.

L’Histoire, a-t-il relevé, a montré que les guerres sont surtout provoquées

par les hommes. Aussi, a-t-il ajouté, pour condamner à nouveau l’avortement, l’Eglise lance-t-elle un appel aux femmes pour qu’elles respectent,

protègent et aiment chaque vie. Le pape a également estimé que les femmes

devraient jouer un rôle de leader en «humanisant la société»

«L’Eglise sait que vous, les femmes d’Afrique, avez un rôle irremplaçable à jouer pour humaniser la société. Vous êtes plus sensibles aux implications de la justice et aux exigences de la paix car vous êtes plus proches des mystères de la vie et du miracle de sa transmission».

Si la visite du pape en Afrique du Sud est généralement saluée avec enthousiasme, certaines critiques n’ont pas manqué pour déplorer le choix du

lieu pour célébrer cette messe, dans un quartier peuplé de Blancs. Beaucoup, dit-on, auraient souhaité une cérémonie à Soweto, par exemople. La

visite du pape en Afrique du Sud n’inclut pas des visites dans les «townships», véritables symboles du désespoir de la communauté noire.

Le pape est arrivé au parc de Gosforth, debout à l’arrière d’un camion

spécialement aménagé avec une protection de verre. Des fidèles de toutes

ethnies et dont beaucoup portaient leurs costumes traditionnels, notamment

de jeunes Zoulous, poitrine nue, ont scandé «Jean Paul II, nous t’aimons».

Des milliers de personnes avaient convergé toute la nuit vers le parc. Un

crucifix géant dominait le chanp de course, où un podium était surmonté

d’un immense chapiteau de toile bleu ciel et gris.

Seconde présentation de l’exhortation apostolique «Ecclesia in Africa»

Second rendez-vous du pape en ce deuxième jour en Afrique du Sud: la

session synodale de l’Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques, tenue en fin d’après-midi à la cathédrale du Christ-Roi de Johannesburg.

Après la présentation officielle, vendredi à Yaoundé, de l’exhortation

apostolique «Ecclesia in Africa, Jean Paul II a présenté à l’assemblée le

document de 150 pages. Théme de la session sud africaine du Synode, la justice et la paix a largement été au centre du discours de Jean Paul II. Un

discours qui lui a permis de condamner la corruption et le commerce des armes, qui sont aujourd’hui, aux yeux du pape, les nouveaux signes de l’exploitation de l’Afrique.

Arrivé samedi en provenance du Cameroun, le pape s’est vu présenter à sa

descente d’avion un panier de terre par des orphelins représentant les populations noire, blanche, métisse et indienne qui peuplent le pays. Le pape

quittera l’Afrique du Sud lundi pour deux jours de visite au Kenya, avant

de regagner Rome. (apic/cic/pr)

17 septembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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